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Bonjour les papas jeunes et moins jeunes...
J'ai un compagnon futur papa pour la première fois à 36 ans, qui ose dire qu'il ne souhaite pas assister à l'accouchement (prévu pour Mai 2005). Et à chaque fois fusent les remarques du style "tu sais pas ce que tu manques" "tu regretteras" "tu as peur de quoi ?" "c'est pas sympa pour ta compagne" "c'est égoïste" etc.. et PERSONNE N'ECOUTE SON POINT DE VUE, il n'arrive jamais à developper ses arguments car on le coupe ou pire on l'ignore en continuant la "discussion" qu'entre personnes bien-pensantes c'est à dire forcémént POUR la présence du père à tous les instants de l'accouchement. Et indirectement, on me plaint, pensant qu'évidemment je ne peux qu'être peinée de cela...
Quand mon compagnon m'a dit qu'il ne souhaitait pas assister à l'accouchement de son enfant, j'ai été surprise et en effet un peu blessée, pensant que c'était encore un égoïste qui ne voulait vivre que les bons côtés de la paternité. Je ne lui ai pas dit cela et lui ai posé des questions sur ce qu'il savait de l'accouchement et pourquoi il ne s'y voyait pas . Et nous avons discuté longtemps, JE L'AI ECOUTE, l'ai laissé prendre le temps de s'exprimer. La discussion s'est faites en plusieurs moments, sur plusieurs semaines et elle n'est toujours pas close! car en effet nos avis respectifs évoluent au cours de ces échanges, nous intégrons ce que dit l'autre, ce que chacun a lu ou entendu de son côté... et on s'enrichit, on se comprend mutuellement, on s'aime de plus en plus grâce à cette écoute respective qui permet qu'il n'y ait pas de malentendu source d'amertume, de rancoeur... J'ai compris que ce n'etait pas par égoïsme, que cela a à voir avec l'histoire de chacun, cela m'a permis aussi de réaliser que finalement au fond de moi je ne souhaite pas forcémént qu'il soit là physiquement à tous les instants. C'est une question de pudeur. J'ai besoin qu'il soit avec moi psychologiquement, j'ai besoin de sentir son soutien, son amour. Il peut très bien et peut-être mieux le faire en sortant de temps en temps et notament pour "l'expulsion" (j'ai horreur de ce terme) car alors il sera libre de ses réactions (loin de mon regard et de l'équipe médicale) et moi je pourrais me concentrer sur moi et l'enfantement sans gêne (loin de son regard, et sans sentir ses angoisses, son impatience ou son énervement sur l'équipe médicale, je ne sais...). On est tous (homme et femme)transformés dans ces moments de douleurs, on est traversés par des sentiments divers, qui ne sont pas toujours très sympathiques, qu'on n'assume pas toujours : je pense que d'éviter de faire subir cela à l'autre, tout en ayant la liberté de les exprimer (parce que c'est un besoin) est permis par la "sortie dans le couloir" du père. Cette absence du père-relative car temporaire et uniquement physique- est largement compensable par sa présence, son amour avant et après.
Ce ne sera pas pour moi le premier accouchement. Pour mon premier enfant, il y a 4 ans, le père était présent à l'accouchement mais n'a pensé qu'à lui, j'ai du supporter ses angoisses et son énervement. Je l'ai trouvé par la suite toujours aussi égocentrique, avec aucune attention pour moi et peu sensible (sinon médicalement) à l'arrivée du nouveau-né, au fait que nous créions alors une famille. Nous nous sommes finalement séparés 15 mois aprés.
Bravo pour ce petit texte qui résume exactement ce que je pense et que personne a mon sens ne dis jamais.
Depuis quelques décénies, les coupes ont obtenus le droit de choisir. Le papa peut ou pas être là selon l'envi, la culture, le besoin de chacun. Toutefois je pense que c'est un choix qui doit se faire dans l'intimité du couple et persone ne peut le juger.
Pour ma part je suis finalement resté auprés de ma femme pour l'accouchement et j'en suis ravis, mais je l'ai fais parce que NOUS avons ressentis ce besoin a l'instant t et non pas parce que "Il faut le faire".
Je vous encourage tout les deux a persister dans cette voie (choisir ce que VOUS voulez) et merci pour ce trés joli manifeste.
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