#1 15-10-2009 16:17:55

stop-ou-encore
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Hello

Je  suis un "vieux" jeune papa de 38 ans. J'ai trois enfants en j'en chie. 3, 9 et 11 ans. Ils sont parfaits, trop parfaits pour être vrais et pourtant. D'aussi loin qu'il m'en souvienne (oui, oui, c'est comme ça j'aime les poètes romantiques) je n'avais pas encore atteint la majorité quand j'ai songé à la paternité sous un angle "philosophique" (une vie qui ne sort pas d'elle-même est elle une vie, je vous laisse méditer). Pour être précis, j'avais 15 ans et je passais de magnifiques vacances en Corse, et voilà ce à quoi je pensais en jouant au ping-pong avec des allemands (je ne parlais pas leur langue) : je me demandais comment exister au delà de mon immédiate conscience au monde, comment, autrement dit, devenir autre chose qu'une évanescence subjective et entrer véritablement dans le monde, en lui abandonnant quelque chose qui ferait substance objectivable et définitivement indépendante de mon bon plaisir, inscriptible dans le temps, ce temps lui aussi impalpable qui me dépasse et sans lequel pourtant je n'ai pas de substance, pas d'existence. De là pour moi apparition d'un pli de l'esprit, un dogme oui, j'ose dire ce mot, de l'être par le faire. A 21 ans j'ai découvert en Sartre à la fois un mentor intellectuel (liberté, engagement, responsabilité : la raison ultime) mais aussi un parfait épouvantail (le héros de « L'âge de raison », la fin du cycle des « Chemins de la liberté », sans compter le don de l’auteur pour le malheur affectif et sensuel ainsi que sa cuisante incurie politique).
Bref, mon désir d’enfanter est avant tout le fruit d’un sentiment de nécessité, d’urgence, d’amour toujours, de ne pas se sentir exister autrement qu’à travers l’autre. Je concède avoir trompé ma femme peu après la naissance du 2e, eu la main leste sur le coupable présumé (l’enfant qui venait de naître) et fait deux dépressions entrecoupées d’un 3e enfant.
Le fait demeure : j’aime mes enfants, j’aime ma femme, la famille se porte bien. Pourquoi, comment  aurais-je du ou pu faire autrement ? On pourrait aussi évoquer l’impératif moral des retraites, mais là ça me fatigue un peu.
PS : je remarque que dans mon raisonnement, l’objet issu du sujet fait de ce dernier un objet pour lui-même, à sa grande satisfaction (dans une autre dimension toutefois). Par contre l’objet enfanté restera un sujet à ses propres yeux tant qu’il n’aura pas enfanté à son tour. On peut y voir, s’il le fallait encore, combien la nature est joliment faite.

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   #2 15-10-2009 16:28:45

truffe2mielMaman
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Re: Hello

Salut !

Eh bien, quel parcours... En tout cas, tu portes un regard lucide sur tes motivations et ta vie passée et présente. Une affaire de surmoi exploré en profondeur, peut-être ? tongue

Quoi qu'il en soit, je devine d'après ton pseudo que vous êtes en phase de réflexion pour un éventuel 4ème enfant ?

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   #3 15-10-2009 16:47:37

stop-ou-encore
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Re: Hello

Ah non, pas de 4e, on arrive à grand peine à maintenir le tout en équilibre!
Merci pour ton accueil. Stop ou encore, c'est juste le choix que tout le monde doit faire à titre personnel en s'interrogeant sur son éventuelle future parentalité : la vie s'arrête t-elle avec moi ou continuera t-elle avec mon/mes futur(s) enfant(s)?

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   #4 15-10-2009 16:52:53

yarone
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Re: Hello

stop-ou-encore a écrit:

Ah non, pas de 4e, on arrive à grand peine à maintenir le tout en équilibre!
Merci pour ton accueil. Stop ou encore, c'est juste le choix que tout le monde doit faire à titre personnel en s'interrogeant sur son éventuelle future parentalité : la vie s'arrête t-elle avec moi ou continuera t-elle avec mon/mes futur(s) enfant(s)?

Bienvenue à toi ,

je réponds que la vie continue avec un grand OUI avec ma femme, mes enfants et notre futur BB3, ce n'est jamais facile et tant mieux, sinon quel morosité!!!!! . C 'est souvent dans les tourments qu'on en sort plus fort et plus vrai.

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   #5 15-10-2009 21:06:41

truffe2mielMaman
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Re: Hello

Pour être franche, je ne me suis jamais posé la question en ces termes... Pour moi, la vie EST. Elle ne commence ni ne continue, et s'arrête encore moins, avec ou par moi.
Je n'ai pas abordé la parentalité par une démarche raisonnée. Je n'ai aucune raison vraiment valable à fournir pour avoir voulu un enfant. D'ailleurs, il y a encore 5 ans, j'étais farouchement décidée à ne pas en avoir et je trouve mes arguments de l'époque toujours aussi valables - sauf qu'ils ont subitement perdu toute résonance en moi quand j'ai rencontré mon mari. Un peu bizarre, hein, comme base pour fonder une famille ? Oh, il y en a, des arguments ! Et même pleins ! Mais honnêtement, aucun d'entre eux n'aurait pu me décider si la raison seule avait été en jeu.

Cela étant, je peux comprendre qu'on puisse se voir comme partie d'un tout, d'une lignée, d'une caste ou d'une race, et que ne pas avoir de descendance puisse représenter un vrai problème intérieur.
Petite question indiscrète à laquelle tu n'es pas obligé de répondre (évidemment tongue) : tu as fait deux dépressions. Sais-tu pourquoi ?

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   #6 19-10-2009 13:50:06

stop-ou-encore
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Re: Hello

Ma première dépression est survenue plusieurs années après l'arrrivée du deuxième (à peu près 5 ans). Elle était consécutive à une situation professionnelle intenable. Mon troisième enfant est la conclusion heureuse de cette période difficile. Environ 1 an après sa naissance, j'ai tenté de mettre en place les bases d'une activité professionnelle indépendante (à la maison, tout en poursuivant une activité salariée). Mais en voulant tout assumer, je me suis planté. C'était pour moi je crois, à un moment précis, le résultat du besoin de sentir de manière très intime quelles étaient mes capacités et où se situaient mes limites. D'une angoisse post-natale qui s'est exprimée avec un certain décalage dans le temps, peut être!
Concernant les notions de lignées, de race ou autres auxquelles tu fais allusion, je ne me reconnais pas trop là-dedans. C'est bien de la vie tout court dont il est question, d'accepter qu'elle passe par toi jusqu'à te retourner comme un gant. Il y a évidemment une conscience de son individualité là-dedans (nous sommes des éléments qui forment un tout), mais il ne faudrait pas y voir une apologie quelconque d'une sorte d'eugénisme. C'est d'un abandon dont il s'agit, avant toute éventuelle (re)prise de contrôle (un "lacher-prise", pour reprendre une terminologie en vogue). Le liberté-engagement-responsabilité de Sartre peut aussi s'entendre de cette façon : un abandon de soi en conscience, pour servir quelque chose qui nous pénètre de toutes parts et nous dépasse! Ensuite seulement, avec l'éducation, vient l'opportunité de retrouver quelques marges de manoeuvre (et de manière toute relative encore : c'est là que nous laisserons des parts de notre individualité nous survivre, parmi beaucoup d'autres choses). Mais de cela il y a bien un forum entier à consacrer :-)

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   #7 19-10-2009 14:20:57

truffe2mielMaman
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Re: Hello

Comme tu dis, il y a là énormément de matière, et on pourrait en citer, des grands hommes ! Sartre n'est pas la première référence qui me vient à l'esprit sur le sujet de l'éducation, plutôt Kant et Rousseau, mais ce n'est qu'accessoire.

En fait, le sujet m'aurait fascinée il y a quelques années mais aujourd'hui j'ai tendance à laisser de côté les grands débats philosophiques pour me concentrer sur les petites choses de la vie quotidienne. C'est plus reposant et on a moins tendance à rechercher la perfection absolue en se contentant de son quotidien qu'en étudiant des philosophes de renom - qui pour la plupart sont d'ailleurs plus prolifiques en essais et écrits divers qu'en progéniture.

Je trouve d'ailleurs intéressant que tes phases dépressives soient chaque fois liées à l'environnement professionnel, où l'humain joue un bien petit rôle par rapport aux performances et à la recherche permanente du mieux...

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   #8 19-10-2009 19:15:11

stop-ou-encore
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Re: Hello

Mon expérience telle que je la décris est celle qui m'a conduit à être père de 3 enfants, pas agrégé de philosophie. Cela étant, si j'ai évoqué Sartre ce n'était pas pour discourir sur l'éducation, que j'ai soigneusement laissée de côté. C'était pour parler de ce qui m'a inspiré dans mes engagements actuels, tout bonnement, puisque j'en suis à poster un message de présentation. Les pensées des "grands hommes" aident parfois certaines personnes à se lancer dans d'audacieuses entreprises (et faire des enfants en est assurément une de mon point de vue!), je ne pense pas faire ici figure d'exception. Mais on peut aussi faire des enfants sans bomber le torse, je le conçois très bien :-)
(C'est quand même se priver d'un des rares avantages inhérents au statut...)

Par rapport à ta remarque sur le contexte professionnel de mes phases dépressionnaires, elle est vraie pour mon cas personnel. Il y a d'autres situations, d'autres personnes, chez qui la recherche de la performance, du dépassement de soi, à force d'être évitée, conduit tout autant voire davantage à la dépression. Peut être est-ce d'ailleurs le fait d'en avoir connu certaines qui m'a poussé vers le comportement que j'ai adopté.
Et puis, pourquoi là où j'ai échoué, quelqu'un d'autre n'aurait-il pas réussi? A mon avis, j'ai surtout péché par méconnaissance de mes capacités et de ce fait même c'était une expérience riche d'enseignements. La première dépression par contre était difficile à "positiver", j'étais dans une situation inextricable que je n'avais pas cherchée ni créée, une vraie déshumanisation comme celles que (ai-je cru comprendre?) tu peux imaginer.

Bon, avant d'en finir, tordons le cou aux clichés : je ne recherche pas "la perfection absolue" en "étudiant des philosophes de renoms"! Je n'aurais pas le temps de toutes façons, j'ai un autre sacerdoce à accomplir! Et toi au fait, qui es-tu, que fais-tu, quelle est cette métamorphose que tu as opérée en 5 ans? :-)

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   #9 19-10-2009 22:31:08

truffe2mielMaman
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Re: Hello

Désolée, je suppose que j'ai interprété trop vite le fond de ton discours en appliquant bêtement dessus des schémas trop connus. Tu as raison, bien entendu, les grandes pensées fondatrices de notre société ont aussi leur valeur à notre échelle individuelle pour peu qu'on veuille bien se donner la peine d'y réfléchir un peu. Et comme tu dis, être parents, c'est quand même un "sacré putain de truc" (dixit mon grand philosophe de frère de 20 ans tongue)

La dépression - c'est bien la particularité de cette maladie, je crois - peut venir d'une multitude de causes et engendrer une immense variété de conséquences selon les gens. Je veux bien croire que d'autres auraient réagi tout à fait différemment que toi, ou encore que d'autres ont connu les mêmes déboires en agissant pourtant différemment. Il me semblait seulement que la volonté personnelle de comprendre le fonctionnement des choses et la curiosité intellectuelle de ceux qui cherchent à décortiquer le monde des objets en passant par le monde de la pensée pouvaient dénoter une certaine recherche esthétique de l'absolu. Et dans le domaine de l'humain, l'absolu n'existe pas - encore moins dans le monde professionnel, qui est une sorte de mixture irrégulière d'humain, de finances et d'émulation. Donc, ma logique : recherche de la perfection = impossibilité technique de l'atteindre = dépression, ne vaut que dans ton cas particulier. Mais il est bien difficile de réellement comprendre les causes d'une dépression sur quelques lignes. D'où le fait que je trouvais cette corrélation "intéressante" et non pas "révélatrice". Et la recherche de la perfection n'est pas (toujours) un problème ! Atténuée par la logique et la raison, elle permet le dépassement de soi et l'enrichissement permanent de ses connaissances et/ou compétences wink

Moi ? Euh... Je suis une épouse pas tellement modèle mais qui se débrouille, une jeune maman un peu dépassée mais heureuse, une sœur pas toujours de bon conseil mais disponible, une fifille à ses parents qui sait d'où elle vient et une amie qui aime bien rigoler et aller au ciné. Un peu comme tout le monde, quoi wink
Sinon, métamorphose... Avec le recul, je ne sais pas trop. Je suppose que l'idée d'avoir un jour une famille à moi devait être enfouie quelque part bien cachée et qu'elle est ressortie quand j'ai rencontré mon mari. Je n'ai pas eu l'impression d'un grand chamboulement dans ma vie ou mes émotions, en fait. On s'est rencontré, on a vécu ensemble, on s'est fiancés, on s'est pacsés, on s'est mariés et on a eu un bébé. Toutes les étapes étaient juste naturelles et logiques, on ne s'est même pas posés la question, en fait. Il n'y a d'ailleurs même pas eu de demande en mariage, on a juste commencé un jour à préparer la cérémonie lol Il n'y a que pour le bébé que j'ai freiné un peu, je ne me sentais pas à la hauteur, trop jeune, trop incertaine etc. Alors on s'est mariés d'abord... Tu vois, je ne suis pas Kafka ! tongue

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   #10 20-10-2009 14:12:34

stop-ou-encore
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Re: Hello

Un parcours sans heurts ni malheurs en quelque sorte : ce n'est pas plus mal pour vous, et c'est bien que ça existe, pour faire l'équilibre par rapport à des tableaux un peu plus sombres dressés par certains ;-)
On peut en tout cas y voir une invitation pour les hésitants à franchir le pas (d'ailleurs dans mon cas aussi on peut y voir une invitation, même si elle se présente... comment dire... plus sous le mode impératif qu'incitatif!)
A + sur les fils de discussion du forum.

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