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Bonjour,
je vous explique mon soucis.
Je suis enceinte de 11 semaines, ma grossesse est à risques, puisque décollement de la poche à 8 semaines. Nous avons perdus un petit garçon il y a un peu plus d'un an à presque 6 mois de grossesse suite à un problème identique.
Le décollement a commencé à se résorber, mais ayant une fragilité sur ce plan, je dois être très prudente. Mais le papa est d'une part très inquiet, mais en même temps, est vraiment heureux de cette grossesse et il s'implique beaucoup.
La question que je me pose, est la suivante. Je suis partagée entre le fait de vouloir "l'écarter" un peu de la grossesse, jouer la carte du pessimisme, quitte à ce qu'il m'en veuille un peu, mais le préserver d'un éventuel problème.
J'ai du mal à le reprendre lorsqu'il parle des projets avec bébé etc ... Mais je me dis que si problème il y a, la chute risque d'être très très dure pour lui.
Je ne sais pas trop comment agir avec lui pour ne pas qu'il s'effondre en cas de soucis.
Nous sommes en essaie pour ce bb depuis deux ans 1/2, j'ai de mon côté 3 enfants de ma première union, ce n'est donc rien de dire qu'il aime les enfants, et pour lui c'est le premier.
Merci d'avance aux personnes qui voudront bien m'aiguiller sur la conduite à tenir pour le préserver au maximum.
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Vraiment désolée pour la perte de votre premier fils !
A 6 mois de grossesse, ça a dû être l'horreur... Je n'ose même pas imaginer !
Reste que, au bout de tant d'attente et d'efforts (2 ans 1/2, wahou !) et ce deuil terrible, votre couple est toujours aussi solide (plus ?) et que vous vous êtes relancés dans la grande aventure : bravo !
De manière générale, j'ai toujours tendance à penser qu'un couple, c'est pour "le meilleur et pour le pire". Je ne crois pas qu'il soit bon de "préserver ton mari", encore moins de l'écarter.
Il a besoin, autant que toi, de se projeter avec son bébé, d'apprendre à l'aimer, d'apprendre à être son papa. Si quelque chose devait mal tourner (et j'espère de tout cœur que ce ne sera pas le cas !!), il aura besoin de faire son deuil, de dire au revoir à son bébé. La vie, l'amour, la mort, tout ça fait partie des choses naturelles que chacun vit au cours de sa vie. Vouloir l'en préserver, c'est une utopie. Et qui risque - en plus - de lui faire mal, de le faire douter de ton amour, de ton couple : s'il voit que tu prends tes distances, que tu le mets à l'écart, il risque de s'inquiéter pour encore plus que votre bébé.
Si tu veux l'aider, resserres les liens, soyez encore plus proches. Montrez-vous votre amour, parlez de tout et surtout de vos angoisses (légitimes). C'est alors ensemble que vous vivrez la joie de tenir votre enfant dans vos bras (ou la douleur de le rendre à la terre). Mais dans un cas comme dans l'autre, cet enfant aura connu l'amour et la chaleur d'un foyer uni.
Accessoirement, avec l'horreur par laquelle tu as dû passer à l'époque, tu auras certainement besoin aussi de soutien - de son soutien à lui, mais aussi pourquoi pas de l'aide d'un pro ?
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Merci truffe2 miel.
Effectivement, notre couple est encore plus solide qu'avant, même si nous sommes passés par des périodes de doutes énormes. Nous avons vécus la perte de notre fils totalement différemment et durant un bon moment chacun de notre côté, et ça, ça n'était pas bon du tout.
Il se renfermait complètement dans sa peine, allant tous les jours sans exception au cimetière, ne voulant plus d'enfant ... la totale.
On a donc mit les choses à plat. Notre fils à bel et bien existé, et vis toujours dans nos coeur chaque jour. Mais on ne pouvait pas vivre dans le passé comme ça. Je lui ai laissé le choix, de vivre avec le souvenir de notre fils tout seul dans son coin, ou bien se secouer un peu les puces et avancer ensemble dans le bon sens.
Heureusement pour nous, il a opté pour la deuxième solution.
De mon côté, cette cicatrice restera toujours à vif, mais je l'ai vécu différemment, je savais depuis le début de la grossesse que notre fils n'arriverait pas à terme. Un décollement vers la fin du premier mois qui empirait chaque jour malgré les précautions prisent.
Un gynéco qui m'a dissuadé d'une ivg au deuxième mois. (j'ai su par la suite que ce médecin est pratiquant dans sa religion et est contre l'avortement). Je lui avait pourtant dit que je préférais l'ivg plutôt que la perte du bébé plus tardivement ... mais bref, ça s'est fait comme ça, on ne revient pas en arrière.
L'aide d'un pro ne m'intéresse pas vraiment, on a fait notre deuil en couple. Je pense connaitre un peu la logique des choses, ce que l'on pourrait m'en dire, le tout est de comprendre ce qui est le mieux pour soi et son couple, et d'être prêt à appliquer et avancer. C'est le cas aujourd'hui.
Personnellement, je m'attend au pire même si la nouvelle d'une amélioration nous a été annoncé la semaine dernière, mais mon mari lui, voyant les jours défilés et qu'aucune complication ne se profilent fait de plus en plus de plans sur la comète ... il est l'optimiste de la famille à ses heures ^^
Mais il a tendance à cacher son stress derrière de l'humour, donc difficile de savoir ce qu'il pense vraiment, il n'est pas très communicatif quand on aborde des sujets sérieux. Et comme beaucoup d'hommes, le forcer c'est le braquer donc bon ... ^^
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Comme tu dis, forcer ne mène à rien - et puis si l'humour lui permet de gérer la situation, pourquoi pas après tout ?
Comme tu dis, l'essentiel est que vous ayez fait votre deuil chacun individuellement et en tant que couple parental. Que votre fils ait une tombe à lui est très important, c'est une bonne chose !
Pour le moment, les choses semblent s'annoncer positives !
Je sais que c'est plus simple à dire qu'à faire et je comprends que tu sois très angoissée et pessimiste, mais ton enfant a besoin de sa maman ! Qu'il reste ou qu'il parte, si tu ne t'investis pas à fond comme une maman qui aime son bébé avant même sa naissance, tu risques de le regretter et de te le reprocher plus tard - qu'il arrive ou non quelque chose. Ton bébé ressent ton chagrin et ta tristesse, mais il ressent aussi ton amour et ta joie. Montre-lui à quel point tu l'aime, n'aies pas peur d'être déjà une maman.
En ce sens, je crois que ton mari a raison : il est papa dans son cœur, il aime cet enfant qui est déjà le vôtre. S'il arrive quelque chose, il saura qu'il lui aura donné tout ce qu'il aura pu : une partie de lui-même. C'est dur, mais c'est important pour lui comme pour vous !
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Oui, tu as raison.
Niveau humour, c'est vrai que généralement tous les deux ... on est pas tristes ^^ mais cela devient parfois une petite carapace de son côté. Un moyen d'éviter d'aborder certain sujets en tournant cela à la dérision.
Je suis déjà investi dans mon rôle de maman, mais je ne lui montre pas vraiment ... bon ok j'avoue, j'ai déjà choisis les prénoms .... déjà regarder un futur lit .... un futur siège auto .... ^^
Et en parallèle je lui gâche son plaisir ... hmmm .... c'est nul.
C'est fou de ce dont on peut se rendre compte en écrivant.
Je ne pense pas forcément l'encourager, mais je vais quand même participer avec lui lorsqu'il fait des projets et regarde pour d'éventuels futurs achats. Parce qu'en fin de compte je fais comme lui mais il ne le sait pas. ^^
On croise les doigts, je vais me travailler pour ne pas gâcher une grossesse qui peut tout à fait bien se terminer et on verra bien.
Merci !!!
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Je crois que tu as raison
Partager ces moments-là est précieux !
Qu'en pensent les papas du forum ? Je me suis jetée sur le sujet, désolée ! ![]()
Dernière modification par truffe2miel (16-11-2009 16:30:49)
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Alors je me jettes à l'eau en tant qu'homme et père de 2 enfants et d'un 3e en vue en décembre.
Tout d'abord, mes condoléances pour votre petit ange , et je rejoins Truffe pour vous dire "chapeau" pour avoir su surmonter et accepter ce deuil.
Je peux comprendre que tu ne veux pas que ton mari s'investisse trop par peur d'être effondré si le pire arrivait (je ne vous le souhaite pas )cependant il se sent père car il est avec tes enfants et il est avec le petit garçon que vous avez eu ,en allant le voir au cimetiere, en l'aimant tout simplement.
Il s'investit et tant mieux , je pense qu'il ne faut pas le frustrer, ça était dur pour vous deux et là il se sent porté comme s'il avait des ailes car depuis que je suis papa , je me sents investi d'une mission tel un chevalier pour sa reine, un ambassadeur pour la paix ,quelles métaphores
, tout ça pour te dire , , laisse le s'épanouir et faites vous plaisir !!!! ![]()
Vous vous sentirez mieux et vous pourrez ensemble profiter de cette grossesse que je vous souhaite heureuse et sans heurts
bon courage
Dernière modification par yarone (16-11-2009 20:16:44)
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Merci Yarone ![]()
Je pense aussi qu'il y a des choses que j'ai du mal à faire de mon côté. Déjà, le papa a choisit le lit, mais c'est le même que celui que nous devions prendre pour notre petit garçon ... ça me fais un peu bizarre. Il y a un an, on avait visé ce lit, une semaine après, on lui choisissait un cercueil ... je sais que c'est glauque, mais malheureusement c'est comme ça que se passe les choses.
J'y pense tellement fort à des moments que même si je ne dis rien j'ai l'impression que mon mari le ressent, et c'est pas top pour lui.
Pas évident de faire la part des choses, le premier mois, la grossesse nous avait plus ramené en arrière qu'autre chose. Ca évolue et heureusement.
Comme je lui ai dit, je ne veux pas qu'il considère notre bébé comme un "enfant pansement" en faisant trop de comparaison et de choix communs.
Donc même s'il fait encore quelques choix en rapport avec l'année dernière, si cela lui fait plaisir sans aller trop loin, je le laisse faire?
Je sais qu'il voulait un autre garçon, là par contre, j'espère que se sera une fille, ça permettrait de vraiment couper le cordon avec le passé.
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Angylian a écrit:
Merci Yarone
Je pense aussi qu'il y a des choses que j'ai du mal à faire de mon côté. Déjà, le papa a choisit le lit, mais c'est le même que celui que nous devions prendre pour notre petit garçon ... ça me fais un peu bizarre. Il y a un an, on avait visé ce lit, une semaine après, on lui choisissait un cercueil ... je sais que c'est glauque, mais malheureusement c'est comme ça que se passe les choses.
J'y pense tellement fort à des moments que même si je ne dis rien j'ai l'impression que mon mari le ressent, et c'est pas top pour lui.
Pas évident de faire la part des choses, le premier mois, la grossesse nous avait plus ramené en arrière qu'autre chose. Ca évolue et heureusement.
Comme je lui ai dit, je ne veux pas qu'il considère notre bébé comme un "enfant pansement" en faisant trop de comparaison et de choix communs.
Donc même s'il fait encore quelques choix en rapport avec l'année dernière, si cela lui fait plaisir sans aller trop loin, je le laisse faire?
Je sais qu'il voulait un autre garçon, là par contre, j'espère que se sera une fille, ça permettrait de vraiment couper le cordon avec le passé.
Je vous souhaite la vie , un BB en bonne santé....
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Angylian a écrit:
Donc même s'il fait encore quelques choix en rapport avec l'année dernière, si cela lui fait plaisir sans aller trop loin, je le laisse faire?
Je suis persuadée que oui - mais ça ne veut pas dire que tu dois le faire si tu te sens vraiment mal à l'aise avec ses choix.
Il a sans doute besoin de tirer un fil, qui unira votre fils à votre vie, à son petit frère ou sa petite sœur. Non pas pour en faire un "bébé pansement", mais pour l'intégrer techniquement à votre famille (dans votre cœur, c'est déjà le cas, mais matériellement il n'est pas là). Choisir "son" lit, ressortir "ses" vêtements, c'est un peu lui montrer qu'on ne l'oublie pas, qu'on l'aime, qu'il est toujours là. Ce n'est pas vouloir le remplacer pour l'oublier, au contraire.
Maintenant, si tu te sens mal à l'aise face à ces choses-là, commences par essayer de comprendre pourquoi (ça te fait mal ? ça te rappelle trop de rêves enfouis et enfuis ? tu n'as pas vraiment accepté la perte de cet enfant et tu ne peux pas accepter l'idée de le relier à votre vie parce que pour toi il n'est jamais vraiment parti ? etc). Ensuite, expliques à ton mari pourquoi ça te dérange et demande-lui d'accepter un compromis. Quelque chose qui y ressemble, par exemple. Ou accepter de te laisser choisir seule autre chose etc.
Comme pour tant de choses : accepter les différences de vision de l'autre, comprendre ses propres motivations, et proposer un terrain commun.
(je t'admire beaucoup d'avoir surmonté cette horreur... Je ne sais vraiment pas comment j'aurais fait à ta place ! En même temps, on n'a pas vraiment le choix, mais quand même
)
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