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Bonjour à tous,
voila, je suis en couple depuis 5 ans 1/2, nous avons la trentaine tous les 2 et sommes pacsés depuis l'été dernier. En aout dernier j'ai décidé d'arreter la pilule avec information et accord de mon compagnon car nous avions un projet futur d'enfant et nous avons tous les 2 des soucis de santé coté système reproductif. L'idée était donc de tout arreter pour pouvoir, 1 an plus tard (donc aujourd'hui!), commencer les examens et éventuels traitements.
En octobre, je suis tombée enceinte. Surpris et un peu paniqué tous les 2, nous avons parlé de suite avortement. Apres réflexion, j'étais finalement prete à garder l'enfant mais pas lui: j'ai donc avorté et ça s'est mal passé (violentes douleurs, malaises, hémoragies...). Suite à ça, on a décidé de repasser au mode "préservatif". Et un soir où je pensais tres sincèrement etre "hors péridode de riques", alors que le calin commençait bien, il m'a demandé "c'est bon? pas de risque" et j'ai donc répondu non. Comme vous vous en doutez, je suis tombée enceinte à ce moment là!
Je l'ai informé de ma grossesse dès que je l'ai su et ait entammé tout de suite des examens en vue d'un avortement.
On a bcp discuté. Je voulais garder l'enfant, mais pas contre son gré. Il était perdu, mais un peu moins que pour la 1ere fois. Je lui ai demandé s'il voulait des enfants, s'il en voulait avec moi. Aucun doute n'a été exprimé, si ce n'est le fait qu'il ne se sentait pas pret aujourd'hui pour cela.
En parallèle, on cherche un appart à acheter depuis des années déjà! mais mon compagnon a bcp de mal à prendre des décisions et des engagements financiers (1 an pour acheter un appareil photo à 700€! alors qu'on est cadre tous les 2 et qu'on a largement de quoi vivre). L'arrivée d'un enfant a un peu précipité les choses: on en a visité un qui requiert tous nos critères essentiels, mais un peu cher... apres moultes discussions, on s'engage...
Un soir au resto, il évoque le sujet parrain/marraine: dans sa tete, tout est clair: ce sera sa soeur la marraine, libre choix pour moi du parrain. Sauf que dans ma tete à moi, je voyais plutot une copine à moi en marraine et que je n'ai pas d'ami masculin proche ni de famille pour etre parrain. Et lu n'a pas de vrai bon copain pour faire parrain.
Vendredi, alors que je suis tout juste à 12semaines, il me dit qu'il ne m'aime plus, qu'il veut que j'avorte. Il ne se sent pas pret pour acheter l'appartement, il sent perdre la maitrise de sa vie car il n'a rien choisi. Je suis perdue... est ce que certains d'entre vous ont vécu la meme chose? un futur pere qui a peur de l'engagement et des responsabilités? les choses peuvent t elles à votre avis revenir "normale"? comment lui faire confiance quand il me dit tout et son contraire?
merci par avance pour votre lecture et vos réponses
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Bonjour, Souris-Mimi,
Avant toute chose, il faut absolument que dissocies clairement dans ta tête ton statut de future mère (puisque, voulant garder cet enfant, tu es en fait déjà sa mère) et ton rôle de compagne de vie.
En tant que femme enceinte, tu as le droit et le devoir moral de choisir pour toi-même et pour cet éventuel futur bébé la voie qui te semble la moins pire : avorter à nouveau ou bien avoir cet enfant en tant que mère célibataire.
Tu dois prendre ta décision librement, sans te laisser influencer : sinon, tu en voudras toute ta vie à celui ou celle qui t'aura "contrainte" à une action que tu n'as pas vraiment choisie. N'oublies jamais que tu es seule responsable de tes décisions, que tu es celle qui décide du cours de ta vie.
En tant que compagne de vie, tu dois à ton compagnon amour et respect (si l'un ou l'autre vient à manquer, votre couple n'existe déjà plus). En ce sens, s'il ne supporte pas l'idée de devenir père, tu n'as pas le droit de le retenir ou de le contraindre à le devenir contre son gré : de la même manière que tu dois avoir le droit moral de choisir en toute liberté, ton compagnon doit pouvoir choisir la voie qui lui conviendra le mieux, même si elle est contraire à ce que tu souhaiterais.
Il y a donc maintenant 4 options :
- tu avortes et il veut te quitter quand même
- tu avortes et il veut rester avec toi
- tu gardes le bébé et qu'il veut partir
- tu garde le bébé et il finit par accepter de rester avec toi.
Tu n'as d'emprise que sur la première partie de chaque option : donc concentres ton énergie là-dessus et laisse-le vraiment libre de choisir la suite. Quoiqu'il arrive, tu ne pourras pas choisir à sa place... et tu devras assumer ton choix face à toi-même, peu importe la suite des événements (peut-être la partie la plus compliquée du schmilblick).
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Pardon ma question doit être bête mais si tu es en France la limite pour avorter légalement est à 12 semaines non? si tu y est tu ne peut donc plus le faire sur le territoire français...
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Merci pour vos réponses.
Oui, je suis en France. Si je voulais vraiment avorter, il y a encore des solutions à l'étranger, mais j'ai fait le choix de garder quoi qu'il arrive cet enfant.
Face à l'ultimatum de mon compagnon, je lui ai dit que je n'avorterai pas mais que je le laissais libre de ne pas être le père de cet enfant: s'il part, je n'exigerai rien de lui même si pas de devoir implique aussi pas de droit (meme si devant un tribunal, je sais que ça ne tient pas)
Il n'a pas compris ma réaction et considère donc que c'est moi qui l'abandonne alors que c'est en ce moment qu'il a besoin que je lui montre que je tiens à lui (ce qui est le cas);
Mais comment continuer à aimer un homme qui m'obligerait à faire qqch malgré ma volonté? à aimer un homme qui a des doutes sur ses sentiments, trouvant qu'il n'y a plus la passion du début (entre lui et moi, c'était un coup de foudre au 1er regard!).
Je lui ai proposé d'aller voir un psychologue (lui tout seul ou bien en couple) mais il n'y crois pas, considérant qu'on n'y fait que parler sans recevoir et que c'est dépenser 65€ et 40 minutes de son temps.
Il se dit pas du tout pret pour avoir un enfant, pas d'envie, ne pas réussir à se sentir père. Tous les hommes autour de nous étaient contents à l'idée d'etre pere, meme si certains étaient tres inquiets et lui voit le fait qu'il n'arrive pas à se réjouir comme un signe qu'il ne faut pas qu'il soit pere de cet enfant. En ce moment, il ne s'aime pas (ses réactions, son physique...) et y vois un mauvais modele à son enfant: comment pourrait il aimer un enfant s'il ne s'aime pas lui meme.
Il voit egalement que les contraintes que ça va apporter, et aucun point positif. Pourtant il a 3 neveux qu'il adore par-dessus tout et essaye de les avoir qq week ends par an à la maison. Tout le monde lui dit qu'il sera un super papa.
J'aimerais tellement vivre une grossesse épanouie. J'ai en plus peur que cela vienne perturber le développement de l'enfant...
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Je ne sais trop que te dire, ta situation est difficile, tiraillée entre cet enfant que tu as choisi de garder et ton homme qui te fait (pardon) du chantage affectif.
Je pense que tu as pris ta décision, tu l'assume à lui de prendre la sienne et de l’assumer quelqu'elle soit... S'il ne veut vraiment pas cet enfant il ne peut pas rester avec toi qui le désire...
Après il n'a pas tout à fait tord, quand on est mal dans sa peau c'est difficile de se sentir bien avec les autres, mais ça ne change rien à la capacité d'aimer un enfant (même si le "déclic" peut être plus long)
Je ne le connais pas mais ce que tu en dis, il me semble surtout avoir peur de l'engagement que représente un enfant. Pas par rapport à toi, mais par rapport à la vie. Avoir un enfant c'est accepter de perdre ce coté "enfant insouciant" que l'on a tous plus ou moins pour "reprendre les pieds sur terre", et je pense qu'en général les hommes sont plus conscient de ça que nous. Et en même temps avoir un enfant c'est aussi accepter de "perdre le contrôle" d'une partie de sa vie...
Pour les solutions d'avortement à l'étranger a-t'il une idée de ce que ça représente comme organisation matérielle (sans parler du coût...) ? (pasque là pour le coup planifier ça c’est de l’engagement matériel et financier...)
Pour ce qui est des droits et des devoirs face à un tribunal truffe saura mieux te renseigner que moi, je n'y connais rien....
Et ne t'inquiète pas trop d'éventuelle perturbation de l'enfant ... Ils sont bien à l'abri. Je ne dirai pas qu'ils ne ressentent pas nos angoisses ou autre parce qu'en fait je n'en sait rien, mais je pense qu'il faut arrêter de dire qu'un bébé ressent tout dans le ventre de sa mère... Ou alors mes enfants sont de vrais sadiques vu comme mes grossesses m'ont rendu malade et semble n'avoir laissé aucune trace sur eux ![]()
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Oups, je n'avais pas fait attention au stade de la grossesse...
En effet, il ne te reste pas beaucoup d'options, d'autant qu'avorter après le terme légal en France est illégal, même si tu le fais à l'étranger : en revenant, si ça se sait d'une façon ou d'une autre, tu serais passible de poursuites (dans la mesure où tu as commis un acte illégal). Mais bon, pour que ça se sache, il faudrait que la grossesse ait été officiellement déclarée auprès de la CPAM ou qu'un proche porte plainte. Plus de 5.000 femmes partent à l'étranger chaque année pour avorter, et très peu sont effectivement poursuivies.
la_souris_mimi a écrit:
pas de devoir implique aussi pas de droit (meme si devant un tribunal, je sais que ça ne tient pas)
Si, si, ça tient et dans tous les domaines : les couples non mariés ne sont pas protégés par la loi, les géniteurs (donc les hommes qui n'ont pas reconnu leur enfant) n'ont pas de droit sur lui etc
La notion de droit va toujours de paire avec celle du devoir, en droit civil français, peu importe le sujet.
Légalement, tu peux choisir de ne pas intenter de procédure et de lui laisser réellement son libre choix. C'est l'option qui me semble personnellement la plus morale. Dans ce cas, il ne sera pas le père de cet enfant, seulement son géniteur. Il n'aura donc pas plus de droit sur lui que n'importe quel autre homme de la société, mais aucun devoir non plus - mais bien sûr, pas de PA ni d'intégration dans l'héritage non plus.
Si tu décides de le contraindre à payer une pension alimentaire, tu peux intenter ce qu'on appelle "le recours en subsides" ou "action à fins de subsides", selon le cas. Là, le JAF va commencer par exiger un test ADN, afin d'établir de façon juridiquement valide le lien de paternité envers ton enfant.
A partir du moment où le test est positif, le JAF va statuer sur une pension alimentaire et un mode de garde avec DVH.
Dans ce cas, il faut faire très attention à la façon dont ce DVH est géré : si le père n'en veut pas vraiment mais se sent obligé de le respecter, ton enfant le sentira et se sentira mal-aimé, voire rejeté. S'il ne vient jamais mais qu'il devrait venir, tu subiras chaque fois la douleur de voir ton enfant déçu et triste, voire en colère contre son père. C'est un choix difficile à faire !
Indépendamment de ces points affectifs et de la PA, qui en sont les conséquences immédiates les plus visibles, le père aussi un droit de regard et de véto sur tous les points d'éducation de l'enfant, y compris la coupe de cheveux et la façon dont il s'habille, en passant par l'inscription à l'école ou le lieu d'habitation.
(je reviens, ma grande appelle
)
Edit : suite et fin =>
Rien n'interdit au géniteur d'intenter une action en reconnaissance de paternité même bien après la naissance de l'enfant (jusqu'à ses 18 ans). A ce moment-là, s'il est reconnu père, il obtiendra tous les droits d'un père, mais aussi les devoirs afférents.
Dernière modification par truffe2miel (12-07-2011 09:16:36)
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Bonjour,
me voila de retour pour donner des nouvelles quelques mois apres....
Je n'ai pas d'explication à tout, mais apres beaucoup de pleurs et de longues discussions, nous sommes toujours en couple et attendons la naissance de notre petite fille.
Depuis mon 1er message, je l'ai incité à partir en long week end avec sa soeur (et sa famille) pour parler de tout cela librement.
Ce que je ne dis pas, c'est qu'il etait en recherche de nouvel emploi début juillet et il a eu une réponse positive début aout, ce qui lui a redonné un peu confiance en lui.
Il a compris que s'il me demandait de choisir entre lui et l'enfant, c'etait l'enfant que je choisirai car qqn qui me demande de faire ce choix ne peut etre mon compagnon d'une vie.
L'annonce progressive à notre entourage de la grossesse a permis pour lui de prendre conscience que les gens étaient contents pour nous et se demandaient meme si nous n'avions qq difficultés à procréer.
Nous avons finalement abandonné l'achat de l'appartement (trop de stress pour lui) et avons pris une location très agréable. Nous avons signé le bail le jour de la 2eme echo. Depuis ce jour, il s'est montré tres impliqué dans la grossesse. Il est aussi aller voir une spychologue pendant 4 séances, pour cette incapacité à prendre des décisions importantes. Il ne m'a jamais donné la nature des échanges mais je crois que ça lui a donné quelques clés/réponses
Depuis mi octobre, je suis arretée pour cause de contractions agissant sur le col et il s'occupe de tout à la maison. Nous n'avons quasi plus de prise de tete ensemble (2 en 4 mois...)
Je sais qu'il culpabilise beaucoup pour les 3-4 premiers mois et essaie de se rattraper. Je ne lui en tiens pas rigueur aujourd'hui, mais j'ai peur que des reproches reviennent plus tard (de moi vers lui)...
Voila, ça semble tourner rond maintenant et j'espere que ca durera. Je ne sais dire si c'est sa famille, la psy, le nouvel appart, le nouveau job, mais le fait est qu'il n'est plus du tout dans le meme état d'esprit que début juillet, pour notre plus grand bonheur à tous les 2!!
Bonne continuation à vous
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Quelle excellente nouvelle !!!!
Voila qui fait plaisir à lire, j'espère comme toi que votre couple a trouvé un nouveau mode de communication et une base plus stable !
(concernant tes petites craintes sur la rancoeur et le retour de bâton des premiers mois, tu pourrais peut-être aussi envisager de rencontrer une psychologue, et voir comment travailler là-dessus ?).
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Mimi,
Je n'avais pas échangé avec toi auparavant mais je ne peux que me réjouir de la tournure des choses. Félicitations d'ailleurs pour ta grossesse
Je sais ce que c'est de douter, de ne pas avoir confiance en soi alors qu'on a tout ou presque pour s'en sortir.
Beaucoup de choses se passent dans l'enfance et dans la petite enfance et viennent déterminer l'adulte que nous sommes. C'est super que ton compagnon fasse un travail sur lui, ça va lui permettre de comprendre ses réactions et d'être plus serrein en ce qui concerne l'avenir.
N'hésite pas à en faire de même si vos revenus le permettent et que tu en as envie.
Ma femme et moi le faisons séparément alors que nous n'avons pas de problème et c'est fou ce que ça fait avancer!
Je suis ravi de voir que l'amour a triomphé
Merci de m'avoir donné le sourire!!!
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