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Bonjour,
Je refais donc un post (rienkamoua (!) à la demande de Truffe2miel) pour vous raconter notre histoire longue et compliquée. Je vais qd même essayer de faire vite !
Lui était marié et avait un enfant, on s'est rencontré, on s'est aimé, il a divorcé.
Après qq années de bonheur, j'ai voulu un enfant, il n'en voulait pas. Pas plus d'explication que : Non, j'en veux pas, j'en ai un, je l'aime mais j'en veux plus.
J'ai attendu, attendu... supplié, pleuré, crié... rien n'y faisait...
Alors un jour, des années après, je lui ai dit que j'arrêtais la pilule, libre à lui de mettre des préservatifs ou autres, je ne m'y opposerai pas. C'est juste qu'il devenait impossible pour moi de faire chaque jour le geste qui m'empêchait de devenir mère.
A part faire attention aux dates de nos rapports, il n'a jamais utilisé aucune protection et les mois passant, un jour... Bref, je suis tombée enceinte.
Nous avons vécu deux mois horribles, à discuter du "on le garde, on le garde pas ? je ne veux pas d'enfant mais je ne veux pas te perdre", à pleurer, à passer des nuits blanches. Le jour prévu de l'avortement, il a fait machine arrière et on a vécu après ça une grossesse merveilleuse, remplie de bonheur et d'amour. Lui était même bcp plus impatient que moi. On a fait de l'haptonomie, il a choisi la poussette et les habits de bébé, ROSES, c'était une fille. On était heureux.
Sauf que...
Notre fille est morte 15 jours après sa naissance. Elle souffrait de multiples malformations, non détectées pendant la grossesse, elle ne pouvait ni respirer, ni manger seule, on a pris la décision d'arrêter ses souffrances et de la "débrancher".
C'était il y a 15 mois...
Je vous passe le vide sidéral qu'a créé son absence, la colère, la tristesse, le pourquoi moi, pourquoi nous ?
Aujourd'hui, je dois non seulement vivre avec cette absence mais j'ai aussi le sentiment d'un retour en prison (ne passez pas par la case départ lol). Parce que moi, je reste avec mon envie d'avoir un enfant bien vivant dans mes bras et lui ne veut plus d'autre enfant. Et nous restons tous les deux dans la souffrance de notre bonheur perdu.
Est-ce que ce refus est passager, dû à la douleur de la mort de notre étoile, un deuil qui est encore trop frais ? Ou est-ce qu'au contraire, ça l'a conforté dans son envie de ne PAS être père à nouveau ?
J'en sais rien, il me dit qu'il n'en sait rien non plus, et que la pression que je lui mets ne l'aide pas. Certes, alors je n'en parle plus mais il me dit que ça ne change pas grand chose.
Je n'en peux plus d'attendre........... On s'aime mais parfois, l'Amour ne suffit pas...
J'ai peur de ne trouver personne qui ce soit trouvé dans cette situation et qui puisse me donner son feed-back mais est-ce qu'il y aurait des papas qui ont perdu leur bout de chou, des hommes qui ne veulent ou ne voulaient pas d'enfant et qui pourraient me donner leur point de vue ?
Merci à tous...
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Bienvenue parmi nous, So ! Et merci d'avoir créé ton propre post, je pense qu'il permettra des réactions ciblées sur ton cas particulier, et de ne pas mélanger avec celui d'une autre personne.
Comme je te le disais, tu as une histoire particulièrement lourde à porter ! Prendre une décision aussi terrible doit tuer un peu de ce que tu es, même si tu n'as pas le choix. Dur de reconstruire après une tragédie pareille ! C'est aussi très compliqué pour le couple en tant que duo amoureux : il faut surmonter le cataclysme d'un deuil d'enfant, d'une part de l'autre et de soi.
Comment s'appelle votre petite ange ?
A mon avis, ta technique pour amener ton compagnon à faire cet enfant était particulièrement risquée (et là, je ne parle absolument pas de tout ce qui s'est passé ensuite) : c'était une façon très unilatérale d'envisager la parentalité, une véritable épée de Damoclès au-dessus de vos têtes. Je ne reviendrai pas sur ce qui a pu se passer dans sa tête, j'imagine qu'entre temps, tu y as réfléchi et que tu as compris la menace et la trahison que ça impliquait.
Le problème, c'est qu'il a subi traumatisme sur traumatisme : d'abord le choc de voir que son besoin et son choix de vie n'étaient pas respectés, ensuite le choc d'une grossesse non-désirée et dont tout le monde savait qu'elle n'était pas désirée, puis le choc suite au fait que tu choisis de le garder malgré tout. Enfin, le traumatisme affreux du deuil, de la perte de son enfant (qui a sans doute été aggravé par le fait qu'il avait commencé par le rejeter).
Comment envisager à nouveau, après ce grand huit émotionnel au carré, de se projeter dans la parentalité ? Les choses ont été tellement compliquées pour vous ces deux dernières années qu'il a sans doute surtout besoin de calme émotionnel. Toi, tu as besoin de te projeter dans l'avenir et d'avoir un enfant - pas lui.
En d'autres termes, vous avez un vrai et grave problème de couple : vos deux projets de vie et visions de l'avenir ainsi que vos besoins pour vous épanouir, sont radicalement divergents. Comment les concilier au présent ? Il va nécessairement falloir que l'un de vous "cède" et sacrifie son bien-être au profit de celui de l'autre.
A toi de voir si 1/ tu es prête à le faire et 2/ c'est vraiment la vision de la famille qui correspond à tes attentes. Il aurait été préférable, je pense, de faire cette analyse avant même de mettre ton compagnon au pied du mur.
Il existe aussi une autre possibilité, mais je la tiens pour très improbable : que votre histoire commune chargée de beaucoup de souffrances ait changé ton compagnon. Les grands traumatismes de la vie ont parfois cet effet-là : ils modifient en profondeur la personnalité de celui ou celle qui y survit (mais ce n'est pas la suite la plus courante).
Avez-vous envisagé ou même déjà fait une thérapie de couple, pour voir comment survivre individuellement et en couple au décès de votre fille ? Avez-vous pu vraiment et sincèrement exprimé tout ce que vous aviez sur le coeur, à ce sujet comme sur le reste ?
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Il y a certaines choses sur lesquelles je ne suis pas tout a fait d'accord...
D'abord, je ne lui ai pas fait un enfant dans le dos. Le jour meme ou j'ai arrete la pilule, je lui ai dit, j'ai achete des preservatifs et des spermicides qu'il n'a jamais utilise... C'est un peu facile de reposer toute la contraception sur la femme et la pilule...
Ensuite, je n'ai pas decide de le garder... J'avais pris rdv pour l'avortement c'est lui qui l'a annule le jour meme...
Maintenant, qu'au final, le resultat soit le meme et qu'il le vive comme ca... C'est possible... Mais nous avons ete tellement heureux pendant la grossesse de notre fille que je ne peux pas penser que ce soit reellement son choix de vie de ne plus avoir d'enfants... Je dirai plutot une peur profonde, une peur panique de la vie... Qui malheureusement a ete confirmee avec la mort de notre petite etoile...
Un point sur lequel tu as certainement raison est son besoin de calme...
Nous sommes alles voir un psy deux fois mais sans grand resultat... Il ne veut pas vraiment se faire aider et prefere gerer ca seul...
Y a t'il d'autres papas d'anges, actifs sur le forum ? Comment avez vous vecu ce deuil ? Comment avez vous gere l'apres ?
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so a écrit:
D'abord, je ne lui ai pas fait un enfant dans le dos. Le jour meme ou j'ai arrete la pilule, je lui ai dit, j'ai achete des preservatifs et des spermicides qu'il n'a jamais utilise... C'est un peu facile de reposer toute la contraception sur la femme et la pilule...
Ce n'est pas exactement un enfant dans le dos, évidemment. Mais tu l'as mis au pied du mur : la contraception est une décision de couple. Prendre la pilule est une décision de couple, l'arrêter aussi. Passer aux capotes ou à rien du tout également. Mais si VOUS choisissez de n'utiliser aucune contraception, il faut que chacun soit conscient des risques et que vous parliez avant même de faire l'amour la première fois sans contraception de ce que vous allez faire si tu tombes enceinte.
Si tu avais le moindre doute sur son choix, il fallait refuser de prendre un risque : soit abstinence, soit capote, soit n'importe quel autre mode de contraception.
Là, tu as catapulté la responsabilité de la contraception du couple uniquement dans son champ de décision à lui, sans lui laisser le moindre choix. Il a dû se sentir franchement déstabilisé, surtout si la contraception n'avait jamais été un sujet de discussion entre vous avant ça.
Mais nous avons ete tellement heureux pendant la grossesse de notre fille que je ne peux pas penser que ce soit reellement son choix de vie de ne plus avoir d'enfants...
Pourtant, c'est le choix de vie qu'il t'a annoncé avant la grossesse et qu'il te répète maintenant. Pourquoi ne crois-tu pas qu'il soit suffisamment mature pour savoir ce qu'il veut mieux que toi, en fait ?
Je dirai plutot une peur profonde, une peur panique de la vie... Qui malheureusement a ete confirmee avec la mort de notre petite etoile...
Je pense que cette panique et le traumatisme qui a suivi ont certainement aggravé et confirmé son premier réflexe, qui était de dire non à un autre enfant.
Un point sur lequel tu as certainement raison est son besoin de calme...
Et toi ? On dirait bien que tu as plus besoin d'avancer dans la construction et le développement que dans le calme et le carpe diem. Les deux sont efficaces et respectables, mais rarement compatibles.
Nous sommes alles voir un psy deux fois mais sans grand resultat... Il ne veut pas vraiment se faire aider et prefere gerer ca seul...
Difficile de gérer un deuil de son propre enfant seul. En même temps, c'est tellement énorme qu'il est aussi difficile de trouver les mots pour le faire sortir.
Y a t'il d'autres papas d'anges, actifs sur le forum ? Comment avez vous vecu ce deuil ? Comment avez vous gere l'apres ?
Je fais signe à un ou deux, j'espère qu'ils te répondront.
Bon courage en attendant !
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so a écrit:
Y a t'il d'autres papas d'anges, actifs sur le forum ? Comment avez vous vecu ce deuil ? Comment avez vous gere l'apres ?
J'ignore s'ils sont encore actifs, mais il y a un post qui traite de ce sujet, ici : http://www.jeunepapa.com/Forum/sujet-5752-paranges
Peut-être qu'en y postant un mot, certains d'entre eux se manifesteront ? Quitte à leur envoyer un message privé le cas échéant...
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Merci ![]()
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Je n'ai rien vécu de tel, seulement deux fausses couches à répétition avec ma compagne actuelle (avant cette grossesse ci).
Mais j'ai tendance à dédramatiser par le raisonnement. Ça ne fonctionne pas toujours, ça dépend du type de personne. Mais je me suis souvent dit que, dans la nature, les fausses couches et les mortalités infantiles sont monnaie courante. C'est une piste que je peux développer.
D'autre part, je me dis qu'une âme d'enfant est venue nous rendre une petite visite, qui était de courte durée peut-être, mais grandement appréciée quand même. C'est une manière de se dire qu'un tel évènement n'est peut-être pas «prématuré» ou «gâché», mais que c'est arrivé comme ça et c'est tout.
Mais bon, c'est peut-être un peu théorique, et je ne peux pas ressentir à votre place ce que vous avez ressenti. Dans notre couple, ces réflexions nous ont aidé à passer au travers des fausses couches. De voir une forme d'ordre dans cet évènement, qui aide à accepter la réalité.
En ce qui concerne votre gestion de la décision d'avoir ou non un enfant, je trouve que tu as agi correctement. La contraception ne devrait pas reposer toujours sur la femme et la chimie, surtout si c'est l'homme qui ne veut pas d'enfant. Quand tu prends la pilule en souhaitant un enfant, tu es dans une situation schizoïde par rapport à tes propres aspirations dans la vie. Par contre l'avortement n'est pas une méthode de contraception.
Si ta volonté d'avoir un enfant est plus forte que ta volonté de maintenir votre couple à tout prix, tu peux continuer comme la première fois, sans faire exprès pour être enceinte, mais en laissant la vie décider. Si ta volonté de maintenir le couple est plus grande, alors là, il faudra soit que tu prennes sur toi de convaincre ton homme de surmonter ses peurs, soit renoncer à ton objectif familial. Dans tous ces cas-là, le mieux est de dédramatiser chaque situation et de rester convaincue qu'une vie merveilleuse t'attend, peu importe le chemin qu'elle prendra.
:-)
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Bonjour,
Je te remercie pour ton intervention. Je dois avouer que ça me rassure de voir que ma façon d'envisager les choses peut-être comprise et entendue.
Mon homme et moi nous sommes mis d'accord sur le fait qu'il faut lui laisser, nous laisser un peu de temps pour nous retrouver. Pour tout un tas de raisons, nous ne pouvons attendre des années mais qq mois me paraissent un bon compromis. Et de ttes façons, si nous en arrivions à une possible nouvelle grossesse, elle serait forcément stressante et il faudrait être sûrs que nous soyons suffisamment solides pour la traverser. Donc Wait & See ! Et tout ça dans la zénitude ! Pas facile tous les jours mais bon ! lol
Nous avons des amis qui ont une histoire similaire à la vôtre et je vois leur inquiétude, leur façon d'essayer de ne pas trop s'investir dans cette grossesse-ci par peur d'être à nouveau déçus. Est-ce que ça va pour vous ? Combien de semaines ?
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Bonjour.
Je crois que tu as pris une bonne décision. Un bon compromis.
Pour notre part, le petit semble être bien accroché cette fois. 21 semaines et échographie vendredi, tout semble normal!
Il aura fallu demeurer attentif, presque perplexe, sans emballement, sans attentes et surtout, sans stress, bref, exercer notre capacité de lâcher-prise, pour que finalement la grossesse passe le cap des trois mois et que tout semble se dérouler pour le mieux.
Ma copine a aussi cessé de travailler, ce qui fait qu'elle est beaucoup plus présente pour s'occuper d'elle, elle prends le temps.
Je vous souhaite tendrement de guérir vos blessures et que tout aille pour le mieux. Quoi qu'il arrive, les choses se passent.
(petite parenthèse, j'ai des amis dont le fils d'environs 10 ans vient d'être diagnostiqué d'un cancer du cerveau qui progresse très rapidement. Il ne lui reste que peu de temps à vivre. Ils ont tout largué, obligations, travail et loisirs, pour s'occuper de leur petit ange à temps plein. Le village s'est mobilisé pour eux, avec des levées de fonds, des chaînes de solidarité, etc. Comme musicien, j'ai aidé à animer un diner et spectacle en son honneur. Ils veulent réaliser ses rêves avant qu'il parte vers un autre monde. Un voyage dans les caraïbes, des rencontres avec des personnes qu'il admire, des expériences qu'il aimerait. J'ai énormément d'admiration pour ce qu'ils font. Ils vont perdre l'être le plus important de leur vie, et ils sont résolus à ce que ça se passe bien, à tout faire pour ne jamais le regretter par la suite, et à accepter. À «pardonner à l'univers» (ou à Dieu pour les croyants), et je crois que ce pardon est nécessaire pour la paix de l'esprit, du cœur et du corps. Ces deux personnes m'inspirent beaucoup, et toute la mobilisation autour d'eux est franchement motivante. Je vous souhaite à tous deux de vous retrouver sur le chemin qui a du cœur, et de passer à travers vos épreuves. (en passant, je ne mentionne pas l'expérience de mes amis pour la comparer avec la vôtre, mais parce que je trouve qu'il y a un peu la même intensité dans l'épreuve, et le même aspect de la vie qu'on ne peut pas comprendre, qu'on ne peut pas expliquer, ni justifier, mais qui ne devrait pas empêcher d'avancer) fin de la parenthèse).
Bonne chance!!
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Hello tout le monde,
Qq nouvelles 6 mois après mon dernier post au cas où des âmes désespérées comme je l'étais à l'époque cherchent des histoires auxquelles se raccrocher !
Donc comme vous l'avez déjà compris, tout va bien ! Après qq mois de pause, puis une mise au point, nous attendons un petit bout pour le.......... 31 décembre ! Le papa est très content et impatient ! Pour l'instant tout va bien pour cette grossesse, on est très suivi et on prend un jour après l'autre sans trop de stress (pour le moment !)
Bon courage à tous !
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