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Victor a écrit:
Certes, c'est plutôt rare, mais je ne vois pas au nom de quoi on pourrait juger les motivations des autres et les modèles de vie plus atypiques.
Ez ne disait pas que la mère a eu tort de vouloir faire un enfant, mais que l'auteur du post n'aurait jamais dû se lancer dans l'aventure pour les raisons qu'il avance (parce qu'il n'a pas su dire non, et non pas parce qu'il voulait un enfant avec elle).
Les raisons qui poussent une femme à "faire un bébé toute seule" sont multiples et quoiqu'il en soit pas le sujet ici.
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golgitok34 a écrit:
Mais je trouve que truffe, tu vas trop loin quand tu dis: "c'est toute sa personne qui est incapable d'exister en tant que telle"
C'est vrai qu'elle peut être blessante. Elle veut dire en substance que ce garçon-là ne semble pas avoir de volonté propre. Il trompe sa femme parce qu'il se fait draguer (aucune action volontaire de sa part = ce n'est pas de sa faute), il fait un enfant à une autre femme alors que la sienne est stérile parce qu'il n'a pas su dire non (il n'avait pas le choix = ce n'est pas de sa faute), etc.
Au final, à quel moment fait-il vraiment acte de volonté ? A quel moment existe-t-il en tant qu'individu ?
Ce que je voudrais, c'est qu'il réagisse et réalise que si la vie le place face à des choix, c'est bien à LUI et à lui seul qu'il revient de les faire, ces choix. Et que les choix qu'il fait structurent sa personnalité et inversement. Apparemment, il n'a pas encore reçu le coup de pied au train qui va le lui faire comprendre et il en arrive à faire souffrir (et lourdement souffrir) 3 personnes au moins, 4 si on le compte lui-même. Il serait vraiment temps qu'il se secoue un peu et mûrisse.
Si son immaturité et son comportement irresponsable ne concernaient que lui, je parlerais autrement. Mais là... non.
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Les raisons qui poussent une femme à "faire un bébé toute seule" sont multiples et quoiqu'il en soit pas le sujet ici.
Parfaitement d'accord.
Je faisais juste rebondir sur cet extrait du message d'Ez: «On ne fait pas un enfant comme ça, pour dépanner une fille à qui l'on plaît. Avoir un enfant c'est une responsabilité à vie, le métier le plus difficile du monde mais également le plus gratifiant». Personnellement, j'ai les mêmes valeurs, mais je voulais juste faire une petite parenthèse d'ordre général.
Et pour apporter une autre note, il arrive souvent qu'un enfant non-désiré, ou à demi-désiré, ou mal planifié, ou qui cause du chambardement, des larmes, des pleurs, des drames, bref, que cet enfant, une fois au monde, deviennent un beau cadeau de la vie dont personne ne voudrait plus se passer.
La naissance du premier garçon de ma conjointe a donné lieu à tout un tas de problèmes. Tout le monde lui disait de se faire avorter, avec menaces et crises de larmes au programme (en particulier, les grands parents des deux côtés), et aujourd'hui, ce petit gamin enjoué fait le bonheur de ceux qui tempêtaient le plus à cette époque.
Je crois que, d'une part, il faut accepter sa responsabilité et voir en face les problèmes qu'on a causé, mais d'autre part, il faut aussi relativiser la situation et voir qu'une naissance ne peut pas amener que du malheur (sauf exceptions extrèmes).
En ce qui concerne le problème de couple, alors là, c'est une autre histoire! Même s'il existe des «couples ouverts», et que d'un point de vue philosophique, je ne suis pas défavorable à l'idée, je constate que dans la réalité, ces sauts de clôture causent beaucoup plus de mal que de bien.
Il y a une complication supplémentaire puisque la personne qui ne peut pas avoir d'enfant se retrouve avec un mec qui attend un enfant d'une autre. Je ne connais pas tous les détails pour juger, mais la douleur de cette femme peut facilement devenir insupportable. Et si tel est le cas, mieux vaudrait pour elle de rompre définitivement la relation si aucune piste de guérison ne se présente.
C'est LE point le plus délicat de la situation, selon moi. Malgré tout, je crois qu'il convient de rester confiant en l'avenir, et que, quelque soit le problème, il existe une solution.
En ce qui concerne la femme enceinte, je ne pense pas qu'il faille la considérer comme un victime. Elle savait très bien dans quoi elle s'embarquait, elle a aussi une responsabilité dans le malheur qui a été causé, et selon moi, c'est à elle seule de décider ce qu'elle veut pour l'enfant.
Pour finir, je plussoie le message de golgitok34.
Présentement, ma vie va plutôt bien et s'améliore de jour en jour. Je me sens vraiment chanceux d'être en amour avec une vraie perle rare et que la grossesse aille bien. Et d'autres témoignages ici sont encore plus fantastiques et rendent heureux à lire. Mais j'ai aussi connu des périodes plus sombres, et un forum sert aussi à en témoigner pour s'entraider lorsque tout n'est pas rose.
Je constate que tu méprises cet homme qui s'est ouvert ici, parce qu'il a sans aucun doute manqué de colonne vertébrale. Mais en même temps, tu ne sembles pas juger trop sévèrement la femme qui a, en toute connaissance de cause, agi délibérément pour obtenir ce qu'elle souhaitait de cet homme. Tu la traites même en victime (prenant sa souffrance à elle comme certaine, alors que celle du gars n'est qu'hypothétique).
Je suis nouveau ici. Mais j'aimerais oser dire quelque chose: ton point de vue de femme et de mère est vraiment important, et je vois que ta contribution au forum est capitale, mais si jamais on fait fuir un futur père qui a des difficultés, peut-être que ça privera ce forum d'une occasion d'être utile. Je dis ça comme ça.
(Je ne veux surtout pas créer de conflit. Je trouve par ailleurs que tes propos sont pleins de sagesse!) Désolé pour la longueur.
Dernière modification par Victor (01-12-2011 22:22:35)
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Victor a écrit:
En ce qui concerne la femme enceinte, je ne pense pas qu'il faille la considérer comme un victime. Elle savait très bien dans quoi elle s'embarquait, elle a aussi une responsabilité dans le malheur qui a été causé, et selon moi, c'est à elle seule de décider ce qu'elle veut pour l'enfant.
Bien sûr qu'elle est responsable de sa propre situation, tout autant que l'auteur du post l'est de la sienne ! Et elle a contribué à générer la souffrance de l'auteur du post, autant que lui a contribué à générer la sienne.
A ceci près qu'elle ne l'a forcé à rien : personne ne peut obliger un homme à tromper sa compagne, personne ne peut obliger un homme qui ne veut pas d'enfant à en faire un. S'il a choisi de le faire malgré tout, c'est qu'il avait l'intention de le faire. Non ?
Victor a écrit:
Je constate que tu méprises cet homme
Pas précisément : je méprise la disposition d'esprit qui consiste à systématiquement rejeter la responsabilité de ses actes sur autrui. On est comme on est, on a tous nos défauts : mais il faut impérativement les assumer, faute de quoi on n'est rien de plus qu'un mollusque qui se fait balloter au rythme de ses instincts. On n'est pas victimes de la vie : on la forge à nos besoins, on s'adapte à ce qu'elle amène.
Ici, on ne parle même pas d'une énorme galère qui lui serait tombée dessus sans prévenir, comme un cancer ou un deuil. Il souffre d'une situation qui nécessitait de prendre une décision, de devenir concrètement actif, pour s'y mettre.
Pourtant, je ne méprise pas la personne : toute la nuance est là. N'importe qui peut changer, évoluer, mûrir. Une personne peut avoir trait de caractère que je méprise ou que qui me déplait ; n'importe qui peut faire des erreurs même graves dans sa vie - sans pour autant être fondamentalement une mauvaise personne. D'ailleurs, j'ai moi-même pas mal pioché dans cette réserve de patience face aux gens qui des grosses conner**. Mais je les ai toujours assumées, et parfois payées très cher.
Tu constateras d'ailleurs en lisant ce forum qu'il y a très peu de choses qui m'incitent à devenir vraiment vache, mais la lâcheté personnelle, ça, ça me rend dingue. Quand on merde, même si c'est dans les grandes largeurs, on le reconnait et on assume. Sinon, on est quoi alors ?
Victor a écrit:
Mais en même temps, tu ne sembles pas juger trop sévèrement la femme qui a, en toute connaissance de cause, agi délibérément pour obtenir ce qu'elle souhaitait de cet homme.
Elle, elle savait précisément ce qu'elle faisait et pourquoi elle le faisait. Elle a été sacrément salope, excuse-moi le terme, mais au moins elle l'a été ouvertement et franchement. Elle ne l'a pas violé, elle n'a pas récupéré son sperme dans la poubelle, elle n'a pas arrêté la pilule sans le lui dire : elle voulait un enfant de lui, elle l'a tanné jusqu'à l'avoir. Je ne cautionne pas du tout, mais au moins elle était directe.
Lui aurait pu (dû ?) faire d'autres choix : réfléchir à son couple au lieu de se laisser aller à l'adultère sans même y penser, faire un enfant juste parce que l'autre le demande sans réfléchir aux conséquences. Son excuse : je n'ai pas eu le choix. Ah bon ? Vraiment ?
J'essaie seulement de lui faire comprendre que s'il n'apprend pas très vite à faire ses choix lui-même au lieu de subordonner sa vie et celles de ceux qui lui sont chers aux désiratas du premier venu, il va couler, vite, profond et ce sera mieux comme ça pour tout le monde. Tu te rends compte le risque pour tous ceux qui l'approchent ?
Victor a écrit:
Tu la traites même en victime (prenant sa souffrance à elle comme certaine, alors que celle du gars n'est qu'hypothétique).
Pas du tout : elle n'est victime que parce qu'elle le veut bien. Après tout, vouloir faire un enfant avec un homme déjà en couple, c'est vraiment chercher la poisse. Après, elle ne pouvait pas deviner qu'il se laissait balloter comme une planche de bois vermoulu en pleine tempête et qu'il n'avait pas de volonté propre.
La souffrance de l'auteur du post est réelle, je n'ai pas dit qu'elle était hypothétique. Simplement, je ne la tiens pour une conséquence grave de ses actes : il s'est mis en souffrance tout seul. Maintenant, il faut qu'il assume ses choix. S'il ne veut plus souffrir, il faut simplement qu'il apprenne à reconnaître ce que LUI veut vraiment et à l'imposer. A partir du moment où il sera capable de dire "ok, c'est vrai, j'ai vraiment foiré sur ce coup-là, j'aurais dû plutôt agir comme ci ou comme ça", il aura de ma part tout le soutien technique et moral que je serai en mesure de lui apporter. Mais pour l'instant... à quoi bon ? Il va recommencer dès qu'une autre lui demandera encore un enfant, c'est tout.
Victor a écrit:
Je suis nouveau ici. Mais j'aimerais oser dire quelque chose: ton point de vue de femme et de mère est vraiment important, et je vois que ta contribution au forum est capitale, mais si jamais on fait fuir un futur père qui a des difficultés, peut-être que ça privera ce forum d'une occasion d'être utile. Je dis ça comme ça.
Je suis pleinement d'accord avec toi là-dessus. En même temps, je ne peux pas lui dire "mon pauvre, tu souffres, maintenant tu as besoin d'aide". J'étais prête à le faire, j'avais d'ailleurs commencé. Et là, il nous a balancé un post long comme le bras où il explique qu'en fait, rien n'est de sa faute, qu'il n'a rien fait de mal, tout est de la faute de cette nana.
Mais bien sûr.
Victor a écrit:
(Je ne veux surtout pas créer de conflit
Ce n'est pas un conflit, mais un échange de points de vue et je le trouve constructif ! Quoique tu penses, ne te prive surtout pas de le dire ici - tant que tu l'assumes
Comme je te le disais, la seule chose qui me fais vraiment sortir de mes gonds, c'est de nier sa propre responsabilité dans une situation. On n'est jamais l'objet du destin, même quand on doit gérer un coup dur imprévisible et sur lequel on n'avait pas prise. Dire le contraire revient à nier son libre arbitre, sa caractéristique humaine la plus fondamentale. C'est horripilant.
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