#21 03-01-2012 18:08:23

AlexVIFutur Papa
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Re: Agressivité de ma compagne

Bonjour Miel, Bonjour Daddy Paul,

Merci pour vos réponses.

Je médite tout ça. Toute la difficulté est justement de trouver le juste milieu entre ma perception des choses et la sienne.

Une chose est certaine c'est que je tiens beaucoup à elle. Quand elle est souriante et de bonne humeur, je fonds... Est ce de l'amour ? Je n'en sais rien. Je ne sais pas trop ce que ce mot veut dire. Pour moi ça englobe tellement de possibilités différentes.

Bref... je vous remercie vraiment pour vos conseils et votre "écoute".

Pour ce qui est de la chasteté de mes gestes, ça ne va jamais plus loin que les épaules et le cou. C'est justement ce qui me dérange : que ça soit aussi perçu comme une tension sexuelle qui s'exprime.

En gros, son schéma c'est ça :

geste tendre = volonté de me séduire pour arriver à ses fins = les mecs sont tous des gorilles en rut = la preuve il se masturbe dés qu'il peut

Mais effectivement tu as raison, peut être devrais je me faire plus discret encore sur mes pratiques solitaires...

Ce qui est frustrant c'est que j'ai déjà le sentiment d'avoir dit toutes ces choses. Mais peut être l'ais je fait au mauvais moment.

Mais en toute franchise (je me remets beaucoup en question, peut être trop d'ailleurs), j'alterne la manière douce qui l'amène à se braquer et la manière forte qui l'amène à contre attaquer... Je crois surtout qu'elle a une vision tellement négative de l'homme qu'elle ne peut concevoir mes demandes ou mes explications que comme étant du baratin.

Cependant, après avoir réfléchi à ce que m'a dit Miel (merci ^^), je sais que je veux donner une chance à notre couple.

Elle comme moi avons une personnalité très forte et forcément, ce n'est pas facile de s'entendre. Je lui ai souvent dit en rigolant qu'elle était castratrice et qu'heureusement que j'ai un ego bien constitué...

Dernière modification par AlexVI (03-01-2012 18:32:45)

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   #22 03-01-2012 19:21:09

truffe2mielMaman
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Re: Agressivité de ma compagne

AlexVI a écrit:

Je médite tout ça. Toute la difficulté est justement de trouver le juste milieu entre ma perception des choses et la sienne.

Avant même que cette question-là ne se pose, il faut déjà trouver ce que TOI, tu veux et ce que TOI, tu es prêt à accepter tongue C'est ensuite seulement qu'il convient d'essayer de comprendre l'autre pour savoir pourquoi elle ne correspond pas à ce dont tu as besoin et où est le décalage.

AlexVI a écrit:

Une chose est certaine c'est que je tiens beaucoup à elle. Quand elle est souriante et de bonne humeur, je fonds... Est ce de l'amour ? Je n'en sais rien. Je ne sais pas trop ce que ce mot veut dire. Pour moi ça englobe tellement de possibilités différentes.

C'est une phrase qui ne résonne pas très positivement chez moi. Qu'en pensent les autres papas ?

AlexVI a écrit:

Bref... je vous remercie vraiment pour vos conseils et votre "écoute".

Ben on est là pour ça, en même temps tongue


AlexVI a écrit:

C'est justement ce qui me dérange : que ça soit aussi perçu comme une tension sexuelle qui s'exprime.

Puisqu'elle ne voit les hommes en général et toi en particulier que comme des animaux téléguidés par leur antenne, j'imagine que tout est considéré comme une tension sexuelle.

AlexVI a écrit:

geste tendre = volonté de me séduire pour arriver à ses fins = les mecs sont tous des gorilles en rut = la preuve il se masturbe dés qu'il peut

Ah. Et quand tu es plus ferme, moins tendre, elle te reproche ton comportement distant et froid ?

AlexVI a écrit:

Mais effectivement tu as raison, peut être devrais je me faire plus discret encore sur mes pratiques solitaires...

Moui. Intérêt très limité puisqu'elle saura pertinemment ce que tu fais dès qu'elle n'est pas là, que tu le dises ou pas. Là au moins, tu as la franchise pour toi : il n'y a pas de trucage ou de faux-semblant. Tu as du désir, elle ne peut pas y répondre donc tu trouves un soulagement approximatif ailleurs mais sans la tromper.
Le fait qu'elle ne voit le sexe que comme une nuisance ne veut pas dire que c'est une chose honteuse dont il faut se cacher. S'ajuster aux besoins de l'autre et tenir compte de ses sentiments pour ne pas le blesser inutilement ne veut pas non plus dire qu'il faut abdiquer son libre arbitre ou renoncer à ses besoins basiques.

AlexVI a écrit:

Ce qui est frustrant c'est que j'ai déjà le sentiment d'avoir dit toutes ces choses. Mais peut être l'ais je fait au mauvais moment.

Peut-être n'est-elle pas réceptive à ce genre de concepts, notamment au partage réel, au respect mutuel sincère, au dialogue ouvert ?

AlexVI a écrit:

Mais en toute franchise (je me remets beaucoup en question, peut être trop d'ailleurs)

OUI ! Se remettre en question est une bonne chose si ça aboutit à quelque chose de concret et d'utile. Là, le résultat n'est qu'une longue succession d'échecs qui te tape sur l'égo = destructeur = à éviter.
Tu as déjà fait ton introspection et tes mea culpa, il est maintenant temps de planter les deux pieds en terre et de dire stop.

AlexVI a écrit:

j'alterne la manière douce qui l'amène à se braquer et la manière forte qui l'amène à contre attaquer...

En même temps, changer de comportement ou de mode de dialogue en permanence envoie des signaux contradictoires qui ont facilement tendance à égarer et diluer l'information.
Si tu veux une chose, dis-le et point. Inutile de s'énerver ou de tergiverser... Si elle ne peut pas te donner cette chose, il faut comprendre pourquoi. Il est clair que ta compagne a un net problème avec les hommes, y compris dans sa vision globale du couple, et que votre quotidien en est complètement pourri. Donc soit vous savez tous les deux pourquoi elle réagit de cette façon et vous agissez ensemble activement pour le changer ; soit vous ne savez pas et il faut une thérapie pour qu'elle comprenne et puisse changer son comportement de façon durable.
Mais en l'état actuel des choses, vous êtes 2 à vous sentir mal à l'aise (voire à souffrir ou à étouffer) et l'ambiance ne risque pas de s'arranger si elle aussi n'a pas la volonté que ça change !

AlexVI a écrit:

je sais que je veux donner une chance à notre couple.

Ok.
Alors la suite est simple : dresses une liste la plus sincère possible de ce que tu aimes chez elle et de ce que tu ne veux plus DU TOUT avoir à subir (les petits défauts sans importance, tu les zappes). Ensuite, dresses la même à ton propre sujet : qu'est-ce que tu aimes chez toi et qu'est-ce que tu fais/ne fais pas dont tu penses que c'est vraiment destructeur pour votre couple ?

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   #23 04-01-2012 10:47:53

tibou2010Maman
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Re: Agressivité de ma compagne

Bonjour Alex VI,

Je viens souvent sur ce forum pour trouver des réponses à différentes questions sans forcément poster, mais là ton message a trouvé un écho particulier en moi. Je me retrouve plus ou moins dans la même situation, sauf que je me trouve dans la position de ta femme.

Pour te présenter rapidement les choses, je suis en couple depuis 6 ans, avec une petite puce de 18 mois bientôt, et nous avons traversé la même phase de crise que celle que tu décris dans notre couple, on en sort à peine.

On s'est retrouvé dans la même situation, avec les mêmes reproches que ceux que tu cites qui m'étaient adressé de la part de mon mari : j'ai toujours été peu démonstrative, mon mari me reprochait donc mon manque d'attention, de gestes affectifs; j'avais une libido presque absente, ce qui générait chez mon mari les mêmes manques que chez toi.

Dans mon cas, nos premières années de vie commune se sont passées plutôt bien, j'ai commencé à changer pendant la grossesse, qui a été une grosse période de remise en question pour moi. Pour faire simple, bébé n'était pas attendu, on était tous les deux en CDD, on avait un peu de mal à s'ajuster l'un à l'autre car on vivait ensemble mais avec de nombreuses interruptions du fait de stages effectués lors de mes études, on n'était pas sûr d'avoir un logement décent à temps pour l'arrivée de la puce... Du coup, j'avais de grosses angoisses qui ont fait qu'on avait des disputes plus que régulières, ou je reprochais à mon conjoint son manque d'implication dans tout ce qui concernait notre quotidien, tout ceci exacerbé par les fameuses hormones de grossesse, par le fait que j'ai pris pas mal de poids et que j'ai une peau de m... qui a subi beaucoup de dégâts, donc que je ne me sentais plus désirable malgré les dires de mon mari...

Ça s'est tassé à la fin de la grossesse, puis s'est aggravé après l'accouchement. Pendant trois mois, j'avais une grosse crainte pour la reprise des rapports sexuels (alors que je n'ai pas vraiment subi de dégâts lors de l'accouchement), que j'ai réussi à surmonter. Nous avons donc repris doucement. Puis avec la reprise du boulot, j'étais débordée, je ne trouvais plus le temps de rien faire, j'étais tout le temps fatiguée... Les câlins se sont espacés, on pouvait ne pas en avoir pendant un à deux mois, ce qui ne nous était jamais arrivé auparavant et était très dur à vivre pour mon mari. Le fait est qu'il me l'a reproché de manière pas très diplomatique au départ, ce qui a fait que je me suis braquée, et comme ta femme j'ai commencé à repousser toute approche, je me sentais "agressée" dès qu'il m'approchait, et je me disais "c'est juste pour le sexe qu'il se montre gentil", même si, comme toi, il m'assurait qu'il voulait juste avoir des gestes affectifs sans plus. Les tentatives de câlins plus coquins, même si elles ne se soldaient pas forcément sur des échecs aussi cuisants que chez toi, généraient de la frustration et chez moi et chez lui, car je n'arrivais plus à me lâcher comme avant... Du coup, j'avais de moins en moins envie de recommencer, je me laissais à peine approcher, j'évitais tout geste affectif pour éviter de lui donner envie d'aller plus loin... jusqu'au jour où mon mari m'a dit franchement que pour lui, ce n'était plus possible, que si on continuait sur cette voie il ne voyait plus qu'une issue possible : la séparation. Je me suis énervée, lui ai dit que pour lui il n'y avait que le sexe qui comptait, qu'il n'était pas patient, lui me répondait qu'il n'y avait pas que ça, que je n'avais plus aucune attention pour lui... Ces remarques m'ont blessées profondément, je lui ai répondu sans doute assez méchamment car je ne voulais pas reconnaître mes torts, à cause de ma fierté mal placée...
Après beaucoup de discussion, on a fini par trouver un compromis où on s'est dit qu'on se laissait un an pour voir comment ça évolue. Cette discussion date du mois de Juillet.

Depuis, j'essaie de faire un travail sur moi-même pour comprendre pourquoi on en est arrivé là. Je me suis rendue compte que de mon côté, j'étais atteinte d'une sorte de "paresse générale", mais pas seulement au niveau sexuel. Je n'arrivais plus à me motiver pour rien : sans être maniaque, j'aimais avant mon accouchement avoir un intérieur propre et bien rangé, depuis je ne faisais plus aucun effort de ménage; au boulot, je me suis rendue compte que je repoussais tout au lendemain, que je me contentais uniquement  de gérer l'urgence, sans ressentir l'intérêt que j'avais avant pour ce que je faisais; au niveau sortie, je proposais régulièrement des choses à mon conjoint, à mes amies, et je ne faisais plus rien de tout ça... bref, j'avais un manque de motivation générale, une sensation omniprésente de fatigue, sauf en ce qui concernait ma fille, que je ne m'explique pas vraiment encore (dépression post-natale tardive?), qui a eu des conséquences fortes sur notre vie de couple. Sans compter que suite à la grossesse, même si j'avais perdu assez facilement tout ce que j'avais pris, je trouvais mon corps flasque, mou, sans intérêt, et que j'arrivais difficilement à me remettre en valeur, à me sentir assez bien dans ma peau pour avoir une image positive de moi.
Face à ce constat, j'essaie de me trouver des activités pour me remotiver : je reprends le sport, je reprends contact avec mes amies, j'essaie de me trouver de nouvelles motivations pour mon travail, j'ai fais du shopping pour trouver des tenues qui m'allaient mieux...
A côté de ça, mon mari a continué à avoir des gestes attentionnés, il prend en charge beaucoup plus de tâches ménagères, essaie de me proposer des sorties, et on remonte petit à petit la pente, même si on n'est pas revenus à la passion du début.
J'ai aussi passé un peu de temps sur ce forum, sans faire de post, mais le fait de voir des témoignages d'hommes dans la même situation que toi m'a permis de mieux réaliser toute la souffrance que mon état avait engendrée chez mon mari, et de comprendre qu'il fallait que j’agisse si je ne voulais pas le perdre.

Bon voilà, j'espère que mon (long!) témoignage t'aidera à comprendre ce qui se passe chez ta compagne (même si ce n'est pas exactement la même situation!). En gros, je pense que le blocage ne se situe pas uniquement au niveau de ton comportement, et qu'il faut qu'elle réalise vraiment ce que son comportement a comme conséquence pour elle et pour toi, qu'elle sache si elle veut faire des efforts pour vous, si elle veut un avenir commun avec toi ou pas, auquel cas il faut qu'elle travaille sur son comportement.
Essayez de travailler ensemble sur le ressenti qu'elle a de sa vie de manière générale, de voir si elle se sent bien dans son boulot, d'avoir des activités ensemble et séparément. Fais lui peut-être lire des témoignages sur ce site aussi... Le fait qu'elle soit enceinte n'arrange évidemment pas les choses...
J'espère en tout cas que vous pourrez vous en sortir sans passer par la séparation, même si dans certain cas ça s'avère un mal nécessaire.

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   #24 04-01-2012 12:18:43

AlexVIFutur Papa
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Re: Agressivité de ma compagne

Bonjour Tibou,

Merci pour ton message.

Mon témoignage insiste sur les aspects négatifs. Il y en a des positifs heureusement.
Mais je dois dire que c'est très dur à vivre. Pour une heure de plaisir et de bonne humeur, j'ai le droit au reste de mauvaise humeur.

Le week end dernier par exemple, j'étais encore en train de digérer notre discussion de la veille. J'étais distant. Elle n'a pas comprit je pense.

Puis hier, on a déjeuné ensemble et elle semblait très rassurée de me voir plus souriant. Elle m'a sauté dans les bras quand elle m'a vu. Ce qu'elle ne fait pour ainsi dire jamais...

J'ai l'impression qu'elle essaie de faire des efforts. Ce n'est pas la première fois que le problème se pose. Au début de notre relation, j'avais imposé un break. Ca a duré environ 1 mois. Le motif était sa mauvaise humeur, son agressivité.

On s'est retrouvé ensuite mais je pense qu'elle n'avait pas bien réalisé pourquoi j'avais voulu prendre de l'air.

On a eu par la suite de nouvelles discussions houleuses sur ce sujet. Mais j'en arrive à me dire qu'elle est comme ça naturellement. Sa mère l'est. Il y a de fortes chances qu'elle reproduise... et que ce soit dans ses gènes.

Je ne vais pas non plus me faire passer pour un ange. Je l'ai précisé dans un précédent post, j'ai beaucoup voyagé. J'ai donc le syndrome des expatriés : le cul entre deux chaises. Bien partout mais bien nul part.

J'ai compris que pour elle ça pouvait être angoissant. Elle me l'a dit. Mais j'ai justement cherché à la rassurer mille fois en lui expliquant que ce sentiment serait toujours en moi et que cette insatisfaction n'était pas liée à elle. Pour donner du sens au discours je lui ai proposé qu'on s'installe ensemble. Acte d'autant plus symbolique qu'elle savait que j'étais un "vieux loup solitaire".

Je suis, je crois, quelqu'un de profondément gentil. Je peux être ferme, me mettre en colère de manière très prononcée mais je me radoucis très rapidement. Avec le temps, je deviens donc plus tangent sur mes positions. Je relativise plus. Bon... c'est probablement normal.

Mais la lecture de vos différentes réponses m'incite à penser que ma colère est justifiée et me rassure car elle me montre que je n'ai pas faiblit sur les choses qui me gênent.

Un autre défaut probablement agaçant pour elle est que je suis souvent distrait. Pas pour des choses importantes. Mais je vais écouter d'une oreille distraite, ne pas retenir de petits détails. Ca concerne souvent son fils d'ailleurs.

Là aussi j'ai reconnu mes torts mais je lui ai souvent dit qu'il fallait qu'elle relâche la pression, qu'elle était une bonne mère, que je me débrouillais pas trop mal moi non plus et qu'il ne fallait pas rechercher à tout prix la perfection... l'important étant que son fils soit aimé. Ce qui est le cas.

Encore une chose qui l'agace : je viens d'un milieu relativement aisé et j'ai eu une jeunesse "extra ordinaire" (au sens littéral du terme). Mais pour différentes raisons, je n'ai pas maintenu le statut social de mes parents et je n'ai pas réussi à conserver ce style de vie. De plus, je suis très diplômé et j'ai un petit boulot d'exécutant. Sans être carriériste, je ressens quand même pas mal de frustration. Tous ces acquis culturels et symboliques qui ne sont pas mis à profit et dont le marché du travail se fiche comme de la dernière guigne... J'essaie de dépasser ça mais ce n'est pas facile.

Pour elle, ce doit être aussi difficile : elle pense probablement que ma relation avec elle est un "pis-aller". Mais mes parents l'apprécient beaucoup et j'ai là aussi tenté constamment de la rassurer.

D'autre part, mon boulot est une niche commerciale. C'est un job très particulier et j'ai quant à moi un profil très atypique. Ca m'angoisse donc beaucoup pour l'avenir. J'ai 36 balais et je ne sais pas trop dans quelle direction aller car j'ai le sentiment que tout est bouché pour  un mec comme moi qui ne rentre dans aucune case.

Bref... objectivement, je crois qu'il s'agit là de mes principaux défauts. En tous cas les plus déstabilisants pour ma compagne.

Il n'en reste pas moins que je pense être "sain" dans ma manière de concevoir les rapports amoureux et sexuels.

Je vais attendre que l'occasion se présente pour essayer de fixer à nouveau avec elle un certain nombre de choses.

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   #25 04-01-2012 13:21:54

truffe2mielMaman
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Re: Agressivité de ma compagne

Tibou : très beau témoignage, plein de franchise et de fraicheur.

Alex :

Le week end dernier par exemple, j'étais encore en train de digérer notre discussion de la veille. J'étais distant. Elle n'a pas comprit je pense.

Tu ne lui as rien expliqué ?

Elle m'a sauté dans les bras quand elle m'a vu. Ce qu'elle ne fait pour ainsi dire jamais...

Donc elle a compris que votre couple est sous tension, mais elle ne sait pas pourquoi. Très malsain, méfies-toi.

On s'est retrouvé ensuite mais je pense qu'elle n'avait pas bien réalisé pourquoi j'avais voulu prendre de l'air.

Tu ne lui as pas expliqué ?

elle est comme ça naturellement. Sa mère l'est. Il y a de fortes chances qu'elle reproduise... et que ce soit dans ses gènes.

N'importe quoi... le comportement n'est pas génétiquement programmé, et je suis sûre que tu le sais. Inutile de lui chercher des excuses, elle n'a pas besoin de toi pour se justifier et se conforter dans un comportement destructeur ! Au contraire, montre-lui à quel point tu es fier d'elle quand elle a le courage de prendre une autre voie que celle qu'on lui a toujours montrée.
Trop facile de dire "j'ai toujours fait comme ça, alors je ne peux pas changer".

Mais la lecture de vos différentes réponses m'incite à penser que ma colère est justifiée et me rassure car elle me montre que je n'ai pas faiblit sur les choses qui me gênent.

Mais bien sûr qu'elle est justifiée ! Personne ne devrait avoir à se sentir mal ou étouffé au sein de son propre foyer, qui est le lieu par excellence où on se ressource, on reprend des forces pour repartir à l'assaut du monde. Dans ton cas, il y a un manque très net de respect fondamental et un manque tout aussi net de dialogue : au final, on en arrive à deux personnes qui cohabitent et sentent confusément mais sans vraiment savoir pourquoi que quelque chose ne va pas entre elles.

Un autre défaut probablement agaçant pour elle est que je suis souvent distrait. Pas pour des choses importantes. Mais je vais écouter d'une oreille distraite, ne pas retenir de petits détails.

Si c'est vraiment sur des choses sans importance, ce n'est par définition pas important. Agaçant peut-être, mais certainement pas ce qui remet en question les fondements de votre couple ! Ou alors, c'est qu'il n'est pas construit sur les bonnes fondations...
Mon mari est très comme ça aussi : quand il a la tête ailleurs ou n'est pas d'humeur, je peux lui dire ce que je veux, il n'entend pas vraiment. Il répond, réagit, mais ça ressort directement par l'autre oreille - qu'il s'agisse de choses importantes ou pas. Bon, je le sais et j'évite de lui parler de trucs importants dans ces moments-là, c'est tout.

De plus, je suis très diplômé et j'ai un petit boulot d'exécutant. Sans être carriériste, je ressens quand même pas mal de frustration

Seule solution : emmagasiner de l'expérience. Pratiquement personne aujourd'hui n'embauche des cerveaux ambulants sans expérience terrain - du moins en dehors des circuits académiques. Quand tu auras de l'expérience active, tu auras un atout énorme par rapport à d'autres ! Par contre, tu n'es probablement pas embauché avec le même coeff que tes collègues de même niveau mais de formation moindre, question de barèmes. Tu bosses dans quel domaine ?

J'essaie de dépasser ça mais ce n'est pas facile.

Pourquoi essayer de "dépasser ça" ? Si tu es frustré, c'est qu'il y a une raison. Celle que tu évoques ne semble pas absurde du tout, et il suffit de travailler activement à changer la situation pour supprimer la frustration (au lieu d'essayer de supprimer la frustration en privilégiant le statu quo). La frustration est un très bon moteur d'évolution !

elle pense probablement que ma relation avec elle est un "pis-aller"

Probablement ? C'est un sentiment très destructeur pour l'égo et très fragilisant pour la confiance du couple. Il serait vraiment important d'en être sûr et ensuite de comprendre pourquoi : le blabla à lui seul ne suffira certainement pas à la rassurer !

C'est un job très particulier et j'ai quant à moi un profil très atypique. Ca m'angoisse donc beaucoup pour l'avenir. J'ai 36 balais et je ne sais pas trop dans quelle direction aller car j'ai le sentiment que tout est bouché pour  un mec comme moi qui ne rentre dans aucune case.

Là, c'est un problème de développement personnel important. Il serait peut-être temps de reconsidérer ta situation et de faire un vrai point sur ce que tu veux vraiment, où tu veux aller et ensuite comment y arriver ? Sinon, tu cours le risque de te laisser seulement porter par les opportunités, et donc de finir par dériver et te perdre.

objectivement, je crois qu'il s'agit là de mes principaux défauts. En tous cas les plus déstabilisants pour ma compagne.

Je ne la connais pas, mais je dois dire qu'un homme fait qui est encore en phase de recherche identitaire et en quête de sa place au sein du système a de quoi déstabiliser... Peut-être ce point-là compte-t-il pour plus que tu ne le penses dans sa vision de votre couple (et sa libido !) ?

Je vais attendre que l'occasion se présente pour essayer de fixer à nouveau avec elle un certain nombre de choses.

L'occasion de présente rarement d'elle-même de faire des choses qui tranchent radicalement avec l'habitude ou d'aborder des sujets désagréables. Fais un point pour toi-même, pour être bien sûr de la direction que tu veux emprunter (sinon votre conversation va juste tourner en rond et revenir sur le "avant" et les causes du problèmes), puis aborde le sujet de façon volontaire et décidée.

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   #26 06-01-2012 17:51:18

AlexVIFutur Papa
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Re: Agressivité de ma compagne

truffe2miel a écrit:

Tu ne lui as rien expliqué ?

Non... Mea culpa.

truffe2miel a écrit:

Donc elle a compris que votre couple est sous tension, mais elle ne sait pas pourquoi. Très malsain, méfies-toi.

Tu as sans doute raison mais je n'ai pas eu le courage d'aborder la question "sexe".

truffe2miel a écrit:

Tu ne lui as pas expliqué ?

(la première séparation)

Oui bien sur. Je lui ai dit que je ne supportais plus ses humeurs.

truffe2miel a écrit:

(...) au final, on en arrive à deux personnes qui cohabitent et sentent confusément mais sans vraiment savoir pourquoi que quelque chose ne va pas entre elles.

C'est ce qui me fait peur. Mais je suis un vrai littéraire et j'ai plus de facilités qu'elle à dire ce que je ressens, à verbaliser.

truffe2miel a écrit:

Seule solution : emmagasiner de l'expérience. Pratiquement personne aujourd'hui n'embauche des cerveaux ambulants sans expérience terrain - du moins en dehors des circuits académiques. Quand tu auras de l'expérience active, tu auras un atout énorme par rapport à d'autres ! Tu bosses dans quel domaine ?

Je n'arrête pas ! smile Mais j'oubliais de préciser que je suis diplômé en sciences humaines. Histoire.

truffe2miel a écrit:

Probablement ? C'est un sentiment très destructeur pour l'égo et très fragilisant pour la confiance du couple. Il serait vraiment important d'en être sûr et ensuite de comprendre pourquoi : le blabla à lui seul ne suffira certainement pas à la rassurer !

Je m'efforce très souvent de la rassurer mais elle a du mal je pense à me croire.

truffe2miel a écrit:

Là, c'est un problème de développement personnel important. Il serait peut-être temps de reconsidérer ta situation et de faire un vrai point sur ce que tu veux vraiment, où tu veux aller et ensuite comment y arriver ? Sinon, tu cours le risque de te laisser seulement porter par les opportunités, et donc de finir par dériver et te perdre.

C'est exactement ce qu'il m'arrive. Je trouve du boulot par réseau et j'ai changé pas mal de fois de domaines depuis mon entrée dans la vie professionnelle. Et c'est justement maintenant que je suis confronté aux problèmes que tu évoques. Mais j'ai beaucoup de mal à savoir dans quel sens aller car je commence à être vieux sur le marché du travail, j'ai un profil très atypique et je suis très polyvalent sans réelle spécialité. Si j'ai une spécialité mais dans un domaine artistique très spécifique qui nécessite pour réussir un entregent et une fortune personnelle que je n'ai pas.

truffe2miel a écrit:

Je ne la connais pas, mais je dois dire qu'un homme fait qui est encore en phase de recherche identitaire et en quête de sa place au sein du système a de quoi déstabiliser...

"La folie est proche, je crois, de ceux qui peuvent voir le monde au travers des voiles de deux cultures différentes." Lawrence d'Arabie. C'est ma richesse et ma malédiction. Je me suis toujours senti en décalage puisque je n'ai pas vécu plus de 4 ans dans un lieu depuis que je suis né. Et c'était le plus souvent à l'étranger.

truffe2miel a écrit:

Peut-être ce point-là compte-t-il pour plus que tu ne le penses dans sa vision de votre couple (et sa libido !) ?

En fait c'est assez étrange car je sens que ce coté "ado attardé" l'agace parfois mais sa position à elle, ou ce que j'en perçois, c'est qu'il vaudrait bien mieux que je me satisfasse de mon sort et que j'arrête de m'angoisser. Ceci étant, j'entends ce que tu me dis.

Dernière modification par AlexVI (06-01-2012 18:07:36)

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   #27 06-01-2012 19:06:01

truffe2mielMaman
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Re: Agressivité de ma compagne

AlexVI a écrit:

Oui bien sur. Je lui ai dit que je ne supportais plus ses humeurs.

Et ? En avez-vous tiré des conséquences pratiques, un nouveau mode de fonctionnement, un changement de comportement d'un côté ou de l'autre ? Est-ce que cet épisode a effectivement porté ses fruits ?


AlexVI a écrit:

C'est ce qui me fait peur. Mais je suis un vrai littéraire et j'ai plus de facilités qu'elle à dire ce que je ressens, à verbaliser.

En même temps, sans vouloir te vexer, tu ne verbalises pas tant que ça, apparemment : il semble qu'il y ait pas mal de non-dits entre vous.

AlexVI a écrit:

Je n'arrête pas ! smile Mais j'oubliais de préciser que je suis diplômé en sciences humaines. Histoire.

Tu avais quel objectif, en entament ces études ? Quels postes te tentaient ?


AlexVI a écrit:

Je m'efforce très souvent de la rassurer mais elle a du mal je pense à me croire.

Si ton discours n'est pas en adéquation avec les signaux que tu envoies au quotidien, ça n'a rien de surprenant. Es-tu certain d'être bien au clair avec toi-même quant à la place que TU occupes dans le monde, et ensuite (mais ensuite seulement) quant à la place qu'elle occupe ELLE à tes côtés ?

AlexVI a écrit:

Je trouve du boulot par réseau et j'ai changé pas mal de fois de domaines depuis mon entrée dans la vie professionnelle

Donc tu acquiers bien de l'expérience, mais pas dans le bon domaine. Ayant travaillé entre autres dans une DRH, je peux te garantir qu'une personne de 35 ans passés qui a une expérience professionnelle trop diversifiée inquiète plus qu'elle n'intéresse : le message reçu est "je ne tiens pas en place, je ne suis pas fiable. Je fais un peu de tout, mais rien vraiment à fond, donc ne comptez pas sur moi de façon durable".
Il serait peut-être intéressant de ne pas mentionner toutes tes expériences passées, mais seulement celles directement en rapport avec le poste que tu brigues ?

AlexVI a écrit:

Mais j'ai beaucoup de mal à savoir dans quel sens aller

Le tout premier pas est de déterminer ta priorité : une carrière pro épanouie ou une vie de famille sereine ? Dans le second cas, il te faudra simplement trouver un boulot intéressant mais pépère (genre maître de conférences en université, expert-conseil dans un musée, ce genre de choses). Dans le premier, tu pourras briguer des postes plus énergiques, qui demandent plus d'investissement en temps : et là, il te faudra déterminer dans quelle direction tu veux t'orienter, c'est à dire quel domaine parmi tes expériences professionnelles tu souhaites privilégier.
Mais toute recherche d'emploi commence par un travail sur soi et une réflexion sur l'avenir - sauf si elle est faite dans l'urgence (là, on prend ce qui vient puis on réfléchit à la suite).

AlexVI a écrit:

j'ai un profil très atypique et je suis très polyvalent sans réelle spécialité

Tu as créé ce profil toi-même, il ne t'est pas tombé dessus par hasard wink Alors, quel objectif avais-tu, au départ ? Pourquoi as-tu fait tout ce que tu as fait depuis que tu en âge de choisir pour toi-même ?

AlexVI a écrit:

Si j'ai une spécialité mais dans un domaine artistique très spécifique qui nécessite pour réussir un entregent et une fortune personnelle que je n'ai pas.

Bon, donc ça c'est réglé. Cette spécialité-là restera un hobby, donc exit dans le contexte de la recherche professionnelle.
Laquelle de tes compétences souhaiterais-tu développer / appliquer au quotidien ? Idéalement, il en faudra 4, triées par ordre d'importance.

AlexVI a écrit:

"La folie est proche, je crois, de ceux qui peuvent voir le monde au travers des voiles de deux cultures différentes." Lawrence d'Arabie.

La littérature c'est bien, la vie c'est mieux. Disposer d'une richesse culturelle et éducationnelle est un atout de poids si on sait s'en servir...

AlexVI a écrit:

Je me suis toujours senti en décalage puisque je n'ai pas vécu plus de 4 ans dans un lieu depuis que je suis né. Et c'était le plus souvent à l'étranger.

Bienvenue au club big_smile Je ne suis rentrée en France qu'en 2004, pour rencontrer l'année suivante celui qui deviendrait plus tard mon mari.
Mais bien que je n'aie pas eu mon mot à dire sur les déménagements de mes parents tant que je vivais sous leur toit, j'ai quitté le domicile familial à 19 ans. Et à partir de là, j'ai pu déterminer le cours de ma vie en fonction de MES priorités et objectifs.
Et toi ? Quels étaient ces objectifs ? As-tu réussi à travailler pour les atteindre ? Si non, pourquoi ? Si oui, pourquoi ne les as-tu pas atteints ?

AlexVI a écrit:

sa position à elle, ou ce que j'en perçois, c'est qu'il vaudrait bien mieux que je me satisfasse de mon sort et que j'arrête de m'angoisser.

Peut-être parce qu'elle se sent en insécurité du fait de ton instabilité, et qu'elle aimerait mieux que tu te poses une bonne fois pour toutes, même si l'endroit où tu poses ton bagage ne te convient pas vraiment.
Et toi, qu'est-ce que tu veux ? (note que c'est une question vraiment récurrente dans les réponses que je te fais tongue).

En ligne

 

   #28 12-01-2012 08:09:42

AlexVIFutur Papa
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Date d'inscription: 15-12-2011
Messages: 84

Re: Agressivité de ma compagne

Hello Miel,

Désolé pour ce délai...

Alors, pour ce qui est de ma formation et de mes choix pro : j'ai suivi un cursus en sciences humaines après avoir fait un bts. Donc sur le tard. Mes parents m'ont aidé jusqu'en licence puis ont réduit à partir de la maitrise.

En DEA j'avais une bourse d'excellence. J'ai terminé 1er de promo.

MAIS je n'étais pas agrégé. J'avais 28 ans et pas de bourses de thèse cette année là pour les historiens. Donc cours à la fac pour gagner des clopinettes et 2e boulot de téléprospecteur pour boucler les fins de mois. Autant dire que la thèse était mal barrée.

Bref... les galères habituelles des thèsards. S'ajoute à ça l'exemple d'ami(e)s qui avaient suivis un cursus honorum parfait et qui eux aussi étaient en galère et se retrouvaient à enseigner dans des lycées de banlieue parce qu'ils avaient fait les frais d'une guéguerre entre mandarins.

J'ai décidé de stoper ma thèse. J'ai réussi à trouver un taf de prof à l'étranger mais je n'étais pas titulaire. En rentrant en France, j'ai décidé de tirer une croix définitive sur l'enseignement : prof en fac ok mais prof en lycée, non.

Voilà... j'ai profité d'une opportunité pour m'expatrier à nouveau et diriger une entreprise de 100 personnes. Je me disais que malgré les conditions difficiles ça me donnerait un sacré plus pour mon CV.

Que nenni... je ne viens pas du sérail HEC, Science Po, ESSEC... on est en France, pas aux USA...

Donc les histoires de choix je veux bien. Dit comme ça ça parait évident. Mais je doute que tout soit aussi simple que tu sembles le dire. En France, si tu n'as pas un CAP de déboucheur de chiottes on considère que tu ne sais pas déboucher les chiottes.

Bon... nous pourrions argumenter longtemps sur le sujet ! wink Toujours est il que faire un choix, je veux bien. Mais pour en avoir fait, j'ai surtout était confronté à des portes fermées.

Un peu facile me diras tu de blâmer le système, les autres etc etc.... mais ça reste une réalité que je suis loin d'être le seul à vivre.

Pour ce qui est de ma relation, je réfléchis encore à ce que tu soulignes. Là aussi ça mérite d'être nuancé mais il n'en reste pas moins que je dois être au clair avec moi même. En ça je te rejoins entièrement ! wink

Merci de tes suggestions et de ton "écoute" !

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   #29 12-01-2012 09:48:10

truffe2mielMaman
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Re: Agressivité de ma compagne

Je ne vais pas tergiverser longtemps autour du problème professionnel, puisque je suppose que ce n'est pas pour ça que tu es venu ici wink
Mais un point me paraît tout de même important : quand tu fais tes études, tu te fixes des objectifs - et ensuite, tu cherches comment les atteindre. Il n'y avait pas de bourse pour les thésards historiens l'année qui te convenait ? La belle affaire.. Petits boulots en même temps que tu bûches dessus, attendre l'année suivante pour redemander. Tu as fais le choix de sortir complètement du système : ce n'est pas le destin ou la fatalité, mais bel et bien ton choix personnel.
Au final, on a surtout l'impression d'une adaptation aux circonstance, sans vraiment de planification ou de projet construit - peu la méthode de la conductibilité électrique, quoi.

(Je parle là en connaissance de cause, étant moi-même ex-thésarde désargentée vivant à l'étranger).

En ligne

 

   #30 12-01-2012 10:34:06

AlexVIFutur Papa
Membre
Date d'inscription: 15-12-2011
Messages: 84

Re: Agressivité de ma compagne

truffe2miel a écrit:

Je ne vais pas tergiverser longtemps autour du problème professionnel, puisque je suppose que ce n'est pas pour ça que tu es venu ici wink
Mais un point me paraît tout de même important : quand tu fais tes études, tu te fixes des objectifs - et ensuite, tu cherches comment les atteindre. Il n'y avait pas de bourse pour les thésards historiens l'année qui te convenait ? La belle affaire.. Petits boulots en même temps que tu bûches dessus, attendre l'année suivante pour redemander. Tu as fais le choix de sortir complètement du système : ce n'est pas le destin ou la fatalité, mais bel et bien ton choix personnel.
Au final, on a surtout l'impression d'une adaptation aux circonstance, sans vraiment de planification ou de projet construit - peu la méthode de la conductibilité électrique, quoi.

(Je parle là en connaissance de cause, étant moi-même ex-thésarde désargentée vivant à l'étranger).

On pourrait débattre wink
Et je sens que tu aimes bien ça !!!

Mais tout d'abord, dans quel domaine as tu fais ta thèse ?

En gros, bien que n'ayant pas eu de financement universitaire, j'avais d'autres options de financements qui se présentaient. Notamment à Paris. Un des membres de mon jury de DEA, éminent prof de Paris IV, me soutenait pour une bourse de l'INHA. Mais je n'étais pas Parisien et les profs de la Sorbonne avaient déjà placés leurs pions. Sur 6 bourses pour 37 candidats, je suis arrivé 7e.

Je ne l'ai su qu'après. Sur le moment je me suis dit que je m'étais planté. Point. C'est le même professeur qui m'en a informé par la suite et qui m'a même dit que j'avais fait "excellente impression".

J'avais aussi d'autres options envisageables par le biais du MAE et d'organismes privés. Problème : le sujet que je traitais commençait à être à la mode chez les historiens. Ce sont donc les directeurs de labo parisiens qui en ont hérité.

Tu me diras : je n'avais qu'à faire ma thèse à Paris. Oui, mais le directeur du département d'histoire me soutenait et voulait me garder et semblait suffisamment influent pour le faire : sujet original, étudiant motivé et impliqué...

Bon. Pas de financement. ok.
Qu'à cela ne tienne, je commence quand même ma thèse.

On me donne en lot de consolation des cours magistraux au lieu de TP. Bien... C'est long à préparer. J'étais entièrement responsable du contenu pédagogique. Ca payait mieux que les TP mais pas suffisamment pour me faire vivre. Donc 2e boulot de téléprospection.

Ca prend aussi du temps. J'aurais pu m'accrocher. Mais une thèse d'histoire c'est 300 à 500 pages, des kilomètres d'archives à parcourir et là se posait un problème purement pratique : il faut bien financer les billets de train et d'avion pour aller voir les archives (sujet international avec des sources localisées à l'étranger). J'en avais donc pour 5 à 7 ans à vivoter et galérer.

De plus, je ne l'ai appris qu'en DEA puisque auparavant, l'on m'avait toujours laissé entendre que c'était faisable : en histoire pas d'agreg, pas de poste à la fac. Le prof présent à ma soutenance me l'a confirmé : entre un candidat avec une pile d'articles de grande qualité mais sans agreg et un candidat agrégé mais sans articles, le choix se portera sur le candidat agrégé.

Une agreg ça se prépare pas comme ça...

S'ajoute à ça le sentiment d'exclusion sociale que connaissent les thésards isolés : stigmatisation par les proches déjà salariés, centres d'intérêts à des années lumières de ces mêmes personnes, profs en dilettante car déjà trop occupés eux mêmes à leurs propres études ou leur propre carrière...

Objectivement, j'ai fait le bon choix.
Si je devais analyser clairement mes défaillances, l'accent serait mis sur le fait que je n'avais pas de stratégie. En un sens, oui, je me suis adapté aux circonstances. Mais en pratique, les rares copains / copines de fac ayant obtenus un poste étaient eux même fils de prof. Donc ils ont trempé dans la potion magique dés l'enfance.

Bref... smile Nous pourrions argumenter et argumenter, utiliser des exemples et des contre exemples. Au final, nous aurions tous les deux raisons.

Pour la suite en revanche : là c'est très clair je me suis adapté aux circonstances.

C'est pour ça que je réfléchis encore à tes remarques sur mon couple car effectivement c'est peut être là que le bât blesse...

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