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AlexVI a écrit:
On pourrait débattre
Et je sens que tu aimes bien ça !!!
En effet
Et comme tu sembles ne pas refuser les digressions sur ton post, allons-y
AlexVI a écrit:
Mais tout d'abord, dans quel domaine as tu fais ta thèse ?
Mon coeur d'études, c'est l'égyptologie. En Autriche, l’Égyptologie seule n'est pas considérée suffisante, donc j'ai fait un cursus en "sciences orientales", que je trouve a posteriori nettement préférable à l'équivalent français, trop fermé à mon goût, et qui exclue beaucoup des notions de chimie et anthropologie pourtant essentielles à ce secteur.
Ma thèse portait sur l'histoire et l'usage des tissus de 4.000 à -300 av. JC.
AlexVI a écrit:
On me donne en lot de consolation des cours magistraux au lieu de TP. Bien... C'est long à préparer. J'étais entièrement responsable du contenu pédagogique. Ca payait mieux que les TP mais pas suffisamment pour me faire vivre. Donc 2e boulot de téléprospection.
C'est mieux qu'un lot de consolation : une vraie opportunité de te créer un nom dans le métier, un carnet d'adresses, une expérience dans le domaine que tu ciblais. C'était un tremplin intéressant pour l'avenir, à choyer comme un trésor.
AlexVI a écrit:
Ca prend aussi du temps. J'aurais pu m'accrocher. Mais une thèse d'histoire c'est 300 à 500 pages, des kilomètres d'archives à parcourir et là se posait un problème purement pratique : il faut bien financer les billets de train et d'avion pour aller voir les archives (sujet international avec des sources localisées à l'étranger). J'en avais donc pour 5 à 7 ans à vivoter et galérer.
Une thèse, c'est un minimum de 6 ans. Donc, le sachant, on la prépare un peu en amont : le mieux est d'y réfléchir la fin de la première année d'études, de construire doucement son projet, d'accumuler les infos, de profiter de vacances persos pour visiter les sites et archives (ou l'inverse : de transformer ces visites en vacances perso). On y revient, on peaufine, on reprend le fil et le plan, on ajoute du contenu informatif chaque fois que possible.
Ensuite, une fois le moment venu de faire effectivement sa thèse, il reste surtout du travail de compilation et rédactionnel, avec quelques éléments de recherche complémentaires.
Dans mon domaine, il faut non seulement des recherches théoriques mais aussi des travaux in situ et des éléments matériels, échantillons, croquis, photos etc pour appuyer le fil qui sous-tend l'ensemble. On ne finalise pas ce genre de travail en 2 ans, c'est certain !
AlexVI a écrit:
S'ajoute à ça le sentiment d'exclusion sociale que connaissent les thésards isolés : stigmatisation par les proches déjà salariés, centres d'intérêts à des années lumières de ces mêmes personnes, profs en dilettante car déjà trop occupés eux mêmes à leurs propres études ou leur propre carrière...
C'est le lot de toute personne qui entreprend des études longue durée.
Cela dit, j'ai passé 7 ans au total entre le début de mes études et la publication de la thèse, et travaillé 5 ans à temps plein sur le lot. C'est possible - mais épuisant. Il faut 'juste" savoir exactement ce qu'on veut et où on va.
AlexVI a écrit:
Objectivement, j'ai fait le bon choix.
Bon, donc tu ne regrettes pas d'avoir renoncé à ta thèse, ce qui est bien : tu assumes ton choix
Du point de vue du développement personnel, c'est tout ce qui compte.
AlexVI a écrit:
Bref...
Nous pourrions argumenter et argumenter, utiliser des exemples et des contre exemples. Au final, nous aurions tous les deux raisons.
Comme très souvent quand on aborde les sujets de l'humain et du ressenti des choses
AlexVI a écrit:
Pour la suite en revanche : là c'est très clair je me suis adapté aux circonstances.
C'est pour ça que je réfléchis encore à tes remarques sur mon couple car effectivement c'est peut être là que le bât blesse...
Peut-être.
Et qu'est-ce que tu veux, alors, en fait ? Indépendamment de ce que la vie te propose comme ça, sur un plateau : tu veux aller où ?
En ligne
truffe2miel a écrit:
Peut-être.
Et qu'est-ce que tu veux, alors, en fait ? Indépendamment de ce que la vie te propose comme ça, sur un plateau : tu veux aller où ?
hé hé...
C'est une bonne question et je ne te remercie pas de me l'avoir posé.
A vrai dire, deux choses me motivent : l'expatriation et la musique.
1/ Pour ce qui est de la musique, j'ai peur de me lancer dans une voie qui est hautement instable, sur un marché actuellement chaotique. J'ai un mode de raisonnement particulier (hémisphère droit plus actif) : intuitif, aléatoire, irrationnel, synthétique, s'intéressant à la totalité.
Pas méthodique. Ca me navre mais c'est comme ça... or, pour s'aventurer dans cette branche, il vaut mieux avoir les pieds sur terre.
2/ Pour ce qui est de l'expatriation, tes remarques sur mes précédents messages m'ont fait ré évaluer ma position vis à vis de l'enseignement : CAPES puis recrutement local ou voie royale de l'expatriation... J'y réfléchis.
J'ai la tête dure mais je t'écoute ![]()
(EDIT)
Passionnant comme études !
Pour ma part je travaillais sur les colonies françaises : architecture, urbanisme et interactions culturelles. De la même manière que toi, je devais élargir mon champs d'investigation non seulement par les dossiers d'archives mais aussi par les techniques disciplinaires. La sociologie, l'anthropologie culturelle, entre autres, m'étaient particulièrement utiles.
Dernière modification par AlexVI (12-01-2012 11:52:48)
En ligne
AlexVI a écrit:
A vrai dire, deux choses me motivent : l'expatriation et la musique.
Intéressant. Et à ton avis, s'agit-il de voies dans lesquelles ta compagne pourrait t'accompagner ? Compatibles avec une vie familiale ?
AlexVI a écrit:
1/ Pour ce qui est de la musique, j'ai peur de me lancer dans une voie qui est hautement instable, sur un marché actuellement chaotique. J'ai un mode de raisonnement particulier (hémisphère droit plus actif) : intuitif, aléatoire, irrationnel, synthétique, s'intéressant à la totalité.
Moui... Pour être artiste, il faut avant tout avoir du talent et être créatif : donc tu entres dans la catégorie "hémisphère droit actif". L'intendance, l'organisation, les pieds sur terre et le bon sens peuvent s'apprendre - pas le talent. Ils peuvent aussi t'être apportés par un élément tempérant en soutien, par exemple ta compagne.
AlexVI a écrit:
pour s'aventurer dans cette branche, il vaut mieux avoir les pieds sur terre.
Ou alors un soutien technique à tes côtés, qu'il s'agisse d'une partenaire de vie ou d'un administrateur.
AlexVI a écrit:
2/ Pour ce qui est de l'expatriation, tes remarques sur mes précédents messages m'ont fait ré évaluer ma position vis à vis de l'enseignement : CAPES puis recrutement local ou voie royale de l'expatriation... J'y réfléchis.
Expat et voie royale ? J'imagine que tout dépend du pays dans lequel tu veux enseigner
Dans les pays germanophones, enseigner sans diplôme reconnu dans le pays est hors de question (certains ont des équivalences européennes, mais pas tous). Où voudrais-tu aller, pour y faire quoi ?
Rien ne t'interdis de fonctionner à l'envers, aussi : rêver à ce que tu pourrais faire, ton objectif idéal, ton nirvana personnel, puis voir s'il est réaliste et comment l'atteindre. S'il ne l'est pas, passes au suivant. Par élimination, tu finiras par trouver une voie qui te botte vraiment.
AlexVI a écrit:
J'ai la tête dure
Bienvenue au club
AlexVI a écrit:
Pour ma part je travaillais sur les colonies françaises : architecture, urbanisme et interactions culturelles.
Fascinant aussi, même si le champ d'application (non pas d'études) reste très contemporain et probablement aussi politique. Avec des études de ce type, je te verrais bien en conseil dans un cabinet ministériel ou pour un organisme étatique de gestion des DOM-TOMs. Peut-être aussi en support pour des groupements politicaux-sociaux locaux - ce qui cadrerait avec ton idée d'expatriation.
Evidemment, il y a aussi l'enseignement, mais il faut énormément de patience, d'endurance et de calme intérieur (trop à mon goût). J'ai donné quelques conférences après ma thèse, et j'ai trouvé le concept inintéressant : trop de théorie, pas assez de terrain, peu de concret. J'aime ma branche, j'aime tout ce qu'elle implique de réel, d'humain, toute la dimension socio-structurante de l'étude des civilisations anciennes : ce n'est pas au milieu de bancs dans un auditorium qu'on peut faire passer les choses vraiment importantes. Il faut en outre respecter une forme et un fond précis, le tout est trop académique à mon goût. J'aurais aimé, par exemple, pouvoir apporter des échantillons de matières en labo pour les faire analyser par les étudiants, leur montrer comment on identifie certaines choses par leur spectre lumineux ou leur résonance acoustique, leur montrer au réel avec des briques pourquoi la pyramide à degrés ne pouvait pas être construite autrement au moment où elle l'a été, pourquoi la malédiction des pharaons est à prendre au sérieux, comment les colonnes des temples sont liées aux étoiles : impossible, trop dangereux et trop cher M'am. Bon. Ben on va juste en parler comme ça, alors, avec quelques images et un échantillon. Bref, tu vois l'idée quoi. ![]()
AlexVI a écrit:
De la même manière que toi, je devais élargir mon champs d'investigation non seulement par les dossiers d'archives mais aussi par les techniques disciplinaires. La sociologie, l'anthropologie culturelle, entre autres, m'étaient particulièrement utiles.
C'est justement ça qui est fascinant, dans une thèse : tu peux y travailler le temps que tu veux, y passer des années, la refondre autant que tu voudras, tu auras toujours l'impression qu'il reste 1/2 tonne de choses à dire, de matériel à ajouter. Je me rappelle de ces années-là avec enthousiasme et plaisir, cette frénésie de recherche, la boulimie informationnelle, le plaisir de passer 2 jours et 2 nuits sur un seul minuscule morceau de papyrus, pour au final réussi enfin à mettre en valeur LE petit élément, LA petite trace de manganèse qui va enfin permettre de prouver un point capital de l'exposé.... et les 24h de sommeil semi-comateux qui ont suivi.
Bon, voila quoi. En gros, comme dirait mon frère "'tain, trop cool ton machin, là".
Pour en revenir à toi : si tu es aussi enthousiaste sur le sujet de tes études, il serait peut-être vraiment intéressant que tu reviennes à un secteur plus en adéquation avec lui.
En ligne
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