#1 19-04-2018 20:13:49

JamesPapa
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Crises de panique absolument insoutenables

Bonjour,

J'ai 37 ans et j'ai rencontré un femme formidable de 36 ans qui avait déjà une petite fille il y a seulement 6 mois et très vite la passion nous a dévoré. Très vite j'ai émis l'idée que moi aussi j'aimerais être père et qu'elle aussi aimerait être à nouveau maman.
Bref en quelques semaines, à 5 mois de notre premier baiser, ma compagne et moi avons également développé des disputes sans queue ni tête. Si bien qu'un jour elle m'appelle pour me dire qu'elle pense que si je ne peux l'accepter telle qu'elle est, nous devrions nous séparer. Chose à laquelle je m'oppose en lui disant que je l'aime. Le soir même elle m'annonce qu'elle est enceinte et qu'elle vient de l'apprendre depuis notre coup de fil.

Première réaction de ma part : de la joie, elle aussi. Resto, grandes discussions et un million de pensées positives mêlées à des inquiétudes. Dès le lendemain j'attaque la recherche d'un logement commun. Et au soir quand on parle de chercher une crèche, je fais une chute de tension exagérée... Crise de panique (je suis déjà sous xanax pour ça depuis plus de 15 ans), anxiété, sentiment que tout m'échappe. Je deviens paranoïaque,... Bref je perds pied. Elle part quelques jours avec sa fille et là à nouveau tout change en moi. Envie de partager sa vie et celle de sa fille, fantasme de devenir papa, partir faire un voyage, je trouve une maison le même week-end, lui écrit une lettre pour lui dire que je veux devenir papa et que je l'aime. Bref voilà.

Et puis ce cycle recommence sans cesse jusqu'à la première écho. "Je n'y peux rien" en ce sens que ces crises interviennent avec une puissance physique incroyable. Je fonce même chez le médecin qui me met sous zoloft et m'envoie direct chez un psy. C'est la première fois que je me retrouve devant une telle responsabilité de ma vie. Ma vie allait très bien, trop bien à tout niveau (en forme physiquement bien qu'angoissé en permanence, financièrement je suis vraiment près à accueillir un enfant et à même subvenir à toute la famille). Et puis chaque fois que je revois ma compagne je suis transi de peur et je n'arrive plus à témoigner de la joie ou la rassurer. Je me déteste de la mettre dans le doute, je sous-entend l'IVG à nouveau (alors que je trouve ça absolument horrible moralement, son corps n'est pas un jouet). Bref elle est enceinte de 6 semaines et quoi qu'il arrive elle retiendra de moi cet espèce de comportement malhonnête, pas droit, pas sûr de moi. Et si je me reprends, que va-t-on garder comme souvenir de ce début de grossesse ?

J'aimerais tellement rester dans le côté UP et pas le côté DOWN (qui est plus qu'un petit coup de blues, je peux vous assurer c'est un vide sans fond, c'est vraiment une perte complète de mon corps), la rendre heureuse, la protéger, l'aimer, aimer mon futur bébé, les couver et ces crises m'empêchent d'être normal.

Je pense que je suis en train de devenir fou, de détruire des vies. Que ma santé est train d'y passer. Que ma compagne commence à me détester à cause de ces revirements de situations quotidiens. Et elle ne demande qu'une et une seule chose : que j'arrive à lâcher prise et que je prenne mes responsabilités.
Elle est déjà bien patiente, ça c'est sûr si bien que je me demande si c'est parce qu'elle m'aime ou si c'est parce qu'elle veut simplement mon soutien.

J'ai toujours été très, trop, proche de ma maman qui est ma confidente. J'ai toujours vécu dans une liberté totale sans jamais avoir à m'engager réellement. J'ai un tempérament destructeur dans le sang, y compris de moi-même mais plus depuis 4 ans. Je n'ai jamais connu d'événement malheureux (je touche du bois) et ma compagne attire mon attention sur ce point.

Bref l'arrivée de cet enfant me donne l'impression que je n'aurai pas le temps de dénouer tout mon passif en si peu de temps (hypnothérapie ce samedi, nouvelle séance chez le psy 6 jours après la première, anxyolitiques et antidep) pour être à la hauteur de ma compagne, sa fille et bien évidemment le bébé. Je suis tellement perdu, tellement fatigué d'user du JE alors que j'aimerais profondément utiliser le mot NOUS.

Je sais : c'est du lourd.

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   #2 19-04-2018 22:14:50

truffe2mielMaman
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Re: Crises de panique absolument insoutenables

Bonsoir James,

Ta situation est en effet très difficile, mais ce n'est pas "du lourd" : il n'y a pas de drame, pas de violence. Pour l'instant.

Visiblement, tu traînes une pathologie assez lourde depuis plusieurs années. Malheureusement (ou heureusement, selon le point de vue), tu n'avais jamais été confronté à une situation déclencheuse, donc elle était plus ou moins dormante et donc non diagnostiquée.

Maintenant, tu vas enfin pouvoir l'être. Et être soigné. Évidemment, à ton âge c'est vraiment très tard, et tu vas te trouver confronté à des émotions, des sentiments et des besoins qui se retrouvent généralement plutôt à l'adolescence. Mais tu n'as pas le choix : que ce soit pour ton enfant ou pour toi-même, il faut en passer par là pour sécuriser l'avenir.

En ce qui concerne ton couple maintenant : tu as bien décrit la situation, et compris les problèmes, leurs causes et les conséquences possibles. Cette façon d'assister en spectateur à la destruction de ta vie façon Jekyll&Hyde est d'ailleurs assez typique, donc rien de bien surprenant. Tu as sûrement, d'ailleurs, une excellente capacité d'analyse et une grande intelligence. Mais cela ne t'aide pas en ce qui concerne ton couple... et ne peut pas encore t'aider. C'est trop tôt : en te mettant une pression monstre pour être ce que tu n'es pas, et ne plus ressentir ce que tu ressens, tu cherches seulement à empêcher un tsunami de franchir une digue de sable. C'est un combat perdu d'avance, et plus tu t'attardes dessus, plus tu risques de te prendre le tsunami en pleine face.
Mon conseil : accepte que tu es malade (pas juste "un petit souci de proximité avec maman", mais vraiment malade) et emmène ta compagne à une séance commune pour qu'elle aussi puisse comprendre ce qui se passe et à quoi elle peut/doit s'attendre. Ensuite, concentre-toi sur ta propre guérison : tu ne peux pas être sur tous les fronts ! Et surtout n'oublie pas : perdre une petite amie ne signifie pas perdre ton enfant !

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   #3 20-04-2018 12:18:41

JamesPapa
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Re: Crises de panique absolument insoutenables

Je ne sais pas qui vous êtes mais à vous lire je peux vous assurer que vous faites preuve d'un point de vue qui est psychologiquement très intéressant, captivant même. Votre réponse m'a fait un bien dont vous n'avez pas idée car je pense comme vous que je dois accepter. Accepter de lâcher prise, accepter de devenir un homme, plus uniquement le fils de mes parents mais le père d'un enfant aussi. Accepter de me soigner aussi.

Par contre une chose est sûre c'est que je ne veux pas perdre ma petite amie : je l'aime vraiment et j'aime sa petite fille aussi. Et le jeu que j'ai instauré DOIT maintenant s'arrêter là. Elle, elle a tellement de forces que finalement c'est moi qui passe pour le jeune con de la bande. Elle a seule éduqué sa petite sans le papa qui a prit la poudre d'escampette.

A 38 ans je pense que ce bébé pourrait aussi amener le moment de résoudre ce côté Jeckyl & Hyde comme vous dites qui est en moi. Je suis quelqu'un de trop compliqué et je rêve tellement de gérer les choses les unes à la fois sans toujours anticiper le pire.

Je veux me soigner progressivement et que ma compagne puisse comprendre que ce n'est pas parce que j'ai des moments terriblement down qui surviennent que cela signifie que je souhaite tout remettre en question.

Je m'attache beaucoup au soir de l'annonce de l'arrivée du bébé : Une grenouille est entrée chez moi dans l'appartement. C'est le signe d'une chance, d'une métamorphose et de la fertilité dans bien des cultures et je me dis au fond de moi qu'il est peut-être venu le temps de passer dans une autre phase de ma vie.

Mille mercis pour votre réponse et j'espère que vous pourrez encore un peu plus m'éclairer au travers d'une autre réponse à ce message.

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   #4 20-04-2018 13:34:28

truffe2mielMaman
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Re: Crises de panique absolument insoutenables

Un message plein d'espoir, mais qu'il va maintenant falloir convertir en actes concrets. Et c'est la partie la plus difficile, parce qu'elle est non seulement potentiellement douloureuse, mais aussi longue. Donc le risque d'essoufflement sur la durée est grand ! Ce bébé qui arrive est une excellente motivation, à condition de ne pas te fixer de limite de temps irréaliste : prévois en années plutôt qu'en mois, et ne culpabilise pas de tes rechutes, qui seront normales. Se complaire dans une situation difficile n'est jamais bon, mais "fuir en avant" non plus... Prends le temps qu'il faudra, même si c'est un danger pour ton couple : ton enfant mérite d'avoir un papa bien avec lui-même, au clair avec le monde. Avant 3/4 ans, il ne se rendra pas vraiment compte de ton instabilité émotionnelle, tu peux donc tabler sur un délai de 5 ans max à compter de maintenant pour cibler la guérison. Normalement, si tu restes raisonnable et que tu suis bien la thérapie, tu devrais te sentir déjà très apaisé d'ici 1 an ou 2.

Je souris de la grenouille, c'est mignon. Mais tu sais, que tu le choisisses ou pas : tu es bel et bien entré dans une autre phase de ta vie. Maintenant, tu n'es plus seulement le "fils de" ou le "copain de", mais bel et bien le "papa de". Tu viens d'être catapulté sur une autre sphère, et angoisser à ce stade est parfaitement normal pour tout le monde (dans ton cas, c'est une angoisse surajoutée à un problème de fond).
A partir de maintenant, tu ouvres un nouveau chapitre de ta vie. Ou plutôt, la vie a ouvert un nouveau un nouveau de la personne que tu es. A toi de l'écrire, du mieux que tu le pourras.... sans chercher la perfection, qui n'existe pas !

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   #5 20-04-2018 14:01:14

JamesPapa
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Messages: 3

Re: Crises de panique absolument insoutenables

J'en prends bonne note.
Mais pour dire toute la vérité sur moi-même je suis dépendant alcoolique et j'ai arrêté il y a 4 ans en me bougeant bien les fesses. Réunions AA, nouveau travail, nouvelle vie, nouveau fonctionnement social. Je n'ai jamais été violent à part avec moi-même et la boisson que je m'infligeais (jusqu'à 2 bouteilles de vodka par jour). Tout ça pour dire que j'ai l'impression d'actuellement passer par un grand passage aussi. Et 4 ans plus tard je peux dire avec fierté que l'alcool a quitté ma vie bien que je reste vigilant, je n'ai jamais reposé mes mains sur un verre depuis le jour où j'ai décidé de reprendre ma vie en main.

Donc je pense que si on est d'un tempérament à vouloir changer les choses qui ne vont pas en soi on peut y arriver. Et je suis très motivé (phase de UP ? probablement un peu depuis ce matin), je suis quelqu'un de courageux.

J'ai été pour la première fois chez un psy mardi passé, demain je vais chez un hypnothérapeute et lundi je vais à nouveau chez le psy.

Bref je veux aller mieux.

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