Les humeurs d'un père: 1 mois de couveuse
Format imprimable

1 mois de couveuse

Sarah, notre si petite Sarah, du haut de ses 43 cm, avec son petit kilo 400 grammes, enveloppée dans une sorte de papier aluminium, vient de naître après 1 jour de stress et de nervosité.

Il avait dit «ce ne sera qu’un simple contrôle de routine … on dirait que votre femme fait un peu de tension mais rassurez-vous, nous ne la garderons pas ». A peine arrivée à l’étage de la maternité, elle était mise sous contrôle de monitoring, avec régime spécial, et surveillée de près … «Madame, vous devez rester pour cette nuit », pas une explication de plus, accueillis de façon peu aimable, j’avoue que ce n’était pas facile alors que nous aurions bien voulu comprendre.

Je m’empresse alors d’aller chercher son sac, après tout, on ne sait jamais même si nous n’en sommes qu’à la fin du septième mois, tout est possible, et je passe alors la nuit avec elle sur le fauteuil près de son lit avec le bruit incessant du monitoring. Le lendemain, une infirmière nous explique enfin la situation, le bébé ne se sent pas à l’aise dans son ventre à cause du flux trop important de sang et de la tension artérielle de ma femme.

11h, l’anesthésiste injecte le produit pour endormir ma femme et les médecins se préparent à une intervention d’urgence. 12h00, ma femme entre dans la salle d’opération, je ne peux l’accompagner car je serais dans les pieds de ces professionnels de la médecine, ils vont faire une péridurale.

12h15, le petit paquet d’aluminium sort de la salle d’opérations et ma femme reste à l’intérieur : cruel dilemme, vite une question posée à l’infirmier «tout le monde va bien ? » … « Oui, monsieur, suivez votre fille, votre femme se réveillera d’ici 2 à 3 heures … ». Je n’en revenais pas, si vite … à peine ¼ d’heure et Sarah était née, je n’étais même pas sur que c’était elle qui était dans le petit paquet, tellement petit.

Monté à la néonatale, encore un stress de plus, on m’écarte de mon enfant car il faut le nettoyer mais aussi vider ces poumons car elle s’est un peu étouffée avec le liquide. Une demi-heure après, on m’autorise à la voir, je n’ai jamais vu un bébé aussi beau, elle semble si petite dans cette couveuse, on peut à peine lui toucher les doigts, on dirait des allumettes, elle gigote comme une folle.

Ma femme a pu voir sa petite fille 2 heures après, il était dur de croire que c’était bien elle parmi nous, à l’instant présent si vivace, elle tentait déjà de fuir la couveuse en essayant de passer son pied par le trou destiné aux mains extérieures. Il fallait la nourrir par intubation et par dose de 10 à 20 ml maximum.

Personne ne croyait que notre petite Sarah était prématurée, elle était petite mais tellement débordante d’énergie, les infirmières adoraient la regarder se bagarrer et se retourner, une petite boule de nerfs. Il lui a fallu quelques semaines pour enfin reprendre une courbe de croissance normale.

Nous devions nous battre afin d’adapter nos horaires à notre fille, comme ma femme n’a pas de moyen de locomotion, elle y allait de temps en temps avec moi, avec mes parents ou les siens, et on avait l’autorisation de la prendre, de la nourrir, de la changer, bien que ces autorisations n’aient été données qu’après quelques semaines de couveuse.

J’avoue que les premières fois, ce n’était pas sans peur qu’on a pris notre petite fille : quand on compare l’aisance déconcertante des infirmières lors des déplacements des nourrissons, on était de véritables amateurs. Mais une certaine dextérité est venue en observant ce que je pourrais appeler «les trucs et astuces des pros »

On attendait bien sur impatiemment le moment de sa sortie, on se disait qu’elle avait tout ce qu’il fallait pour sortir, le monitoring devenait de plus en plus petit, les biberons de plus en plus grands, et on avait l’impression de manquer des moments importants de la vie de ce petit bout de chou.

1 bon mois après sa naissance, le document de sortie était signé, une accompagnatrice allait nous montrer comment faire avec le monitoring et les compléments de fer et de vitamines à la sortie.

Le jour de sa sortie nous a paru une éternité bien sûr, quatre heures avant d’avoir l’autorisation de sortie et bien sur, vous imaginez notre stress et la couche de vêtements qu’elle portait afin d’éviter le rhume et une prise de froid.

Elle a fait sa joyeuse entrée dans la famille en fanfare … Tout le monde la trouvait adorable bien sur … A l’heure où j’écris ce texte, Sarah va avoir 1 an et 1 mois, elle a bien repris et il m’arrive presque d’oublier qu’elle a passé un bon mois loin de nous dans une couveuse.

Je remercie encore les médecins et infirmières du service néonatal de l’hôpital de Jolimont à La Louviere, que de patience avec une bonne dizaine de bébés prématurés et peu de personnel et de considération.

Merci à la vie …
CED



  

[ Retour à l'index des Humeurs d'un père ]




Toutes les Humeurs d'un père

Copyright 2001-2019 JeunePapa.com

Conseils beauté | Faire-part de mariage et naissance | Faire-Part Bébé | Cadeaux naissance | Poussette | Faire-part Naissance