Temoignages: Comment je vit ma paternité


Le témoignage de Emmanuel:


Comment je vit ma paternité


En 1994 ma femme m’a demandé si nous pouvions faire un enfant, elle était emballée à cette idée, moi pas trop, il faut préciser que j’avais à peine 23 ans.

Donc nous avons mis en route le premier et comme ma femme ovule irrègulièrement et souvent , elle est tombée facilement enceinte ce fut assez rapide , en 2 semaines.... (je n’ai même pas eu le temps d ’en profiter…Oui il faut préciser qu’elle ne supportait aucun moyen de contraception donc je m'étais dit « voilà une occasion de le faire sans préservatif »….

Encore une précision je n’aime pas les femmes enceintes car je trouve que leur corps est déformé. Mais elle fut enceinte rapidement, elle exerçait toujours son métier, mais au fil du temps et de nombreuses contractions douloureuses elle dut cesser son travail (au 7 eme mois).

Et comme son métier était très difficile physiquement et moralement (la Santé en gériatrie) , elle était forcée d’arrêter sinon elle pouvait accoucher prématurément .Je ne peux pas dire qu’elle ait été une femme exigeante et je m’efforçais de combler ses désirs tant bien que mal .

Le moment fatidique arriva, je l’ai emmenée à la maternité la veille vers 9h00 du matin le 25 février soit un mois avant la date prévue, son col était ouvert à 04 donc elle pouvait accoucher à tout moment. Mais elle a patienté sans douleurs toute la journée en salle de travail mais ça ne venait pas. Ils l'ont ramenée dans sa chambre où elle a mangé.

Elle est rentrée en salle d’accouchement vers 3h00 du matin , col dilaté à 08 cm.

Je l’ai accompagnée mais elle ne désirait pas que je reste pour assister. Elle n’a pas eu droit à la péridurale, l’anesthésiste était absent.(je viens d’apprendre qu’elle ne savait pas que j’étais resté là depuis la veille, à attendre dans la salle réservée a cet effet..)

Elle a du accoucher a « l’ancienne », et il faut avouer que je n’était pas emballé à l’idée de l’entendre crier de douleur et de rage (après le personnel qui n'arrivait pas à la soulager). J’ai donc patienté dans la salle d’attente, les infirmières m’on dit qu’elle devait accoucher vers 3h00 du matin, j’ai donc attendu…

Mais vers 3h30 une sage femme qui suivait ma femme m’a dit que si je voulais partir me coucher il valait mieux car l’accouchement n’allait pas avoir lieu avant tard le matin. J’ai donc suivi son conseil.

Je dormais dans mon lit quand le téléphone retentit, une sage femme m’annonçait la naissance du petit , il était 6h45 .Ils se sont méchamment plantés sur l’horaire….

Bref , je demandai si la maman et le petit allaient bien.Une fois rassuré j’étais tellement fatigué et soulagé que j’ai continuer de dormir encore un peu.

Avant l’accouchement, j’ai parlé avec ma femme à propos d'un sujet grave mais nécessaire vu les circonstances. Que faire en cas d’accident d’accouchement ? Qui compte le plus si un choix s’impose ?.Pour moi c’était très clair, si on me demandait de choisir qui sauver c’était avant tout la maman .Peut être que pour certains ceci peut leur paraître choquant, mais ma femme avait une vie avant et elle devait continuer de vivre, le bébé n’avait pas d’existence avant ce jour Le choix était très clair et les accidents d’accouchements sont réels….

Heureusement je n’ai pas eu a faire ce choix…

J’ai donc vu mon fils vers (honte sur moi) 12h00 , Je dois dire que j’étais surpris comme c’était petit (3 kgs à la naissance) un beau bébé.Je l’ai pris dans mes bras comme je pouvais, on ne ma jamais appris à porter un bébé….J’ai été séduit de suite, mais je ne le montrai pas, par timidité peut-être .Mais ce n’est pas là que je me suis senti père vraiment,.

Le moment où il a prononcé ses premiers mots, quelques mois plus tard, où il a dit « papa ».je peux vous assurer que j’ai pris un coup de « vieux » et venant de la bouche de mon enfant, là je me suis senti père…

Je n’ai jamais appris à être père, mais je pense que je le suis devenu en même temps que mon fils apprenait à être un enfant, car c’est lui qui m’a « élevé » pour être père…

J'ai eu mon enfant quasiment constamment la première année car ma femme a du reprendre le travail (toujours de nuit en plus).

Ma femme en a beaucoup souffert et aurait aimé être à ma place , elle m’en a voulu aussi , car je ne travaillais pas toujours (interim). Elle désirait que j’ai un emploi fixe pour qu’elle puisse s’arrêter de travailler afin d'élever l’enfant.. Je ne demandais pas mieux, mais la vie en avait décidé autrement…J’ai donc du faire face aux joies de la paternité, moi qui n’étais pas chaud au départ, je dus tout apprendre sur le tas. Ma femme me relayait quand elle le pouvait.

Ses horaires la rendaient peu disponible la journée car trop fatiguée du travail de nuit (11h) et elle n'était là qu'une nuit sur 2.

Nous avons passé un cap difficile dans nos relations de couple mais nous l’avons surmonté tant bien que mal…Elle était moins disponible et j’ai fait la rencontre d’une autre personne qui l’était...Je n’ai pas trompé ma femme, mais ceci aurait été une solution de facilité pour m’éloigner d’elle définitivement. Mes sentiments furent partagés entre les deux, mais j’avais conçu une famille et je ne voulais pas la détruire et surtout j’aimais ma femme par-dessus tout… J’ai donc continué à vivre avec ma femme et mon amour pour elle grandissait de jour en jour.

Mais qu’il est difficile de vivre avec une femme,nom dy diouuuuu !!!!!

Quelques années plus tard,(1999) nous avons décidé de faire le deuxième, malheureusement ce fut un échec, fausse couche au bout de 3 mois.

Pas facile à vivre pour une maman car elle a vécu un nouvel accouchement(celui-ci a duré toute une nuit et elle était seule , je travaillais), mais sans bébé cette fois ci. Très difficile à vivre au quotidien, quand vous savez que vous portez la vie et que quelque chose vous la retire…Je n’ai pas su vraiment la réconforter, je ne savais pas comment m’y prendre, un rien la faisait pleurer. De plus elle m’en voulait car je ne semblais toujours pas touché de cette perte .Elle me répétait que je devais être très content qu’elle ait perdu l’enfant etc…(quand on souffre on dit beaucoup de paroles blessantes,heureusement je suis blindé contre ce genre d’attaques, et je ne lui en ai pas voulu …)Donc elle passa sa colère et sa peine sur moi et sur un peu tout…Mais je la comprenais et je ne savais pas comment l’aider….colère d'avoir l'impression qu'on banalise trop la douleur des femmes...

2000- On a remis le couvert une nouvelle fois et ce fut la bonne (en à peine un mois...) non sans mal car du fait qu'elle risquait gros avec une grossesse, elle dut s’arrêter de travailler tout de suite….

J’étais content de la voir à la maison car je pouvais prendre soin d’elle et profiter de sa présence .Toutes ces années passées à se croiser, on ne savait plus trop où se situer tous les deux. Je voulais la redécouvrir et vivre enfin avec elle .J’ai apprécié tous ces moments d’intimité où je pouvais vraiment lui montrer comme je l’aime.

L’accouchement du deuxième fut rapide. Elle me téléphona au travail vers 23h30 et je la conduisis de suite à la maternité, j’ai encore attendu dans la salle d’attente que le travail commence (oui, je n’ai toujours pas assisté à l’accouchement ,je n'y tenais pas non plus).

Vers 3h00 du matin je suis descendu prendre un café et c’est à ce moment qu’elle a accouché (toujours sans péridurale, pas de bol encore !!) .Je suis remonté et vers 4h15 une infirmière m’a vu assis, elle m’a signalé que le bébé était né mais comme elle ne m’avait pas vu dans la salle d’attente au moment de l’accouchement elle a cru que j’étais parti (n’importe quoi !!).Elle avait dit à ma femme que j’étais bel et bien parti,quel plaisir d'entendre cela pour ma femme, je ne vous dis pas….

C’est donc vers 4h20 que je vis le deuxième tout en m’expliquant auprès de ma femme..Et voila je fus père une seconde fois.Moi qui voulait une fille, j’ai eu deux garçons…

L’important était surtout que la mère et l’enfant aillent bien car j’ai ruminé toute la nuit au cas ou un malheur arriverait (j’appréhende les accouchements).

Que dire de plus, j’aime ma femme et mes enfants et je suis fier qu’elle est fait de si beaux enfants. Le premier me ressemble et le deuxième est le portrait de sa maman et j’en suis très content ….+ il lui ressemble + j'aime sa mère...

Maintenant je vis le rôle de père au jour le jour, pas évident, mais je fais de mon mieux..

Même si j’ai encore des reproches…..mais aussi des satisfactions…

Emmanuel




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